L'été autorise quelques plaisirs régressifs et cette BD en est certainement un. Dans les trois systèmes solaires recensés, Captain Death est chargé d'une mission : éliminer les espèces nuisibles. Les humains en font partie. Mais à la désintégration en règle de la planète Terre (avec un arme à faire passer la bombe H pour un pet de mouche, un petit groupe survit. Ce sont les cibles ultimes de cet ange de la mort à la silhouette féminine et au visage squelettique qui s'engage dans une course poursuite interstellaire. Alexis Bacci Leveillé est allé à excellente école. Collaborateur de Bastien Vivès sur Lastman Stories, spin-off de la série déjà très nostalgique du trio Vivès-Sanlaville-Balak, il en garde les références au manga et au dessin animé des années 1980-90, avec cet esprit d'ado un poil attardé. Dans la bande des êtres humains, il glisse toutes les qualités et autant de défauts de notre chère et folle espèce (le héros lubrique, un faux jeton pervers, la fausse ingénue, etc.) et rappelle malgré tout qu'on est bien peu de choses dans ce vaste univers. Pétaradante, explosive même, parfois outrancière, son intrigue ne manque pas de l'humour potache et geek qui a fait le succès de la saga précitée. Son dessin rond inspiré et clair à la Dragon Ball donne le rythme adéquat à cette gourmandise estivale à glisser dans la poche.

" Captain Death ", Alexis Bacci Leveillé, éditions Casterman, 220 pages, 14 euros