Il y a quelques semaines, Gert De Mangeleer et Joachim Boudens rouvraient, à l'hôtel Botanic d'Anvers, leur mythique Hertog Jan, restaurant brugeois triplement étoilé jusqu'à sa fermeture en décembre 2018. Entre-temps, le duo s'est concentré sur ses autres activités. Les jeunes Flamands ont ainsi ouvert deux Bar Bulot (à Bruges et Anvers), BABU (un burger joint à Gand), mais aussi la L.E.S.S. Eatery à Bruges.
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Il y a quelques semaines, Gert De Mangeleer et Joachim Boudens rouvraient, à l'hôtel Botanic d'Anvers, leur mythique Hertog Jan, restaurant brugeois triplement étoilé jusqu'à sa fermeture en décembre 2018. Entre-temps, le duo s'est concentré sur ses autres activités. Les jeunes Flamands ont ainsi ouvert deux Bar Bulot (à Bruges et Anvers), BABU (un burger joint à Gand), mais aussi la L.E.S.S. Eatery à Bruges. Installée sur la place 't Zand, cette grande cantine séduit d'emblée par son atmosphère trendy. Organisé autour d'une grande cuisine ouverte, ce bel espace contemporain offre une expérience branchée telle qu'on peut l'imaginer à Londres ou New York. Côté cuisine, Gert De Mangeleer propose au L.E.S.S. (acronyme pour "Love Eat Share Smile") une cuisine du monde raffinée, récompensée d'une étoile Michelin bien méritée. Rien de réellement traditionnel ici, mais des petits (ou plus grands) plats à partager joliment travaillés, qui font notamment appel à la cuisson au grill. Si l'inspiration est surtout asiatique, L.E.S.S. n'a pas d'oeillères. Ainsi, en guise d'entrée, les saveurs peuvent se faire hispaniques, avec du poulpe grillé (tendre à souhait) à la salsa verde mexicaine (25,50 euros), un ceviche de loup de mer à la mangue, avocat et piment rouge (24,50 euros) parfaitement assaisonné ou de belles coques de Zélande au chorizo et pimentonde la Vera (49 euros). Tout cela fait merveille avec le très bon pinot noir nature 2018 du domaine Bertram-Baltes en Rhénanie-Palatinat (64 euros). Mais c'est clairement quand elle se fait asiatique que la cuisine du L.E.S.S. est la plus convaincante. Bien pimentés, les dim sums (16,50 euros) sont un régal, que ce soit en version thaïe (poulet épicé tomkha kai) ou sichuanaise (porc-gambas, sauce dandan). Tout comme la poitrine de porc croustillante à la thaïe (49 euros) ou le poulet au miso (42 euros). Mais on s'incline franchement face au turbot à la cantonaise (89 euros). Cuit au feu de bois, le poisson est parfaitement assaisonné: gingembre, coriandre et vinaigrette au sésame. A s'en lécher les doigts! Alors oui, c'est cher, très cher même quand on rajoute quelques sides, comme du riz vapeur au mapo tofu (9,90 euros) ou des oreilles de Judas Sichuan style (9,90 euros), mais L.E.S.S réussit son pari de transformer une cantine branchée en une vraie expérience gastronomique.