Pour entrer dans l'expo, on vous épingle un badge de sécurité, du même genre que celui attaché aux marchandises dans les magasins. Et qui sonne dès que vous franchissez la barrière du lieu, comme à d'autres occasions lorsque, poussé par la curiosité, vous ouvrez des portes devant apparemment rester closes. Vous débutez la visite face à un mur de 32 téléviseurs et autant de caméras vous filmant en condition, sinon d'intrus, en tou...

Pour entrer dans l'expo, on vous épingle un badge de sécurité, du même genre que celui attaché aux marchandises dans les magasins. Et qui sonne dès que vous franchissez la barrière du lieu, comme à d'autres occasions lorsque, poussé par la curiosité, vous ouvrez des portes devant apparemment rester closes. Vous débutez la visite face à un mur de 32 téléviseurs et autant de caméras vous filmant en condition, sinon d'intrus, en tout cas de personne dûment repérée. Il s'agit davantage qu'une mise en condition : une métaphore de la démarche des deux trentenaires suédois que l'on croise en cette fin janvier dans l'espace du Millenium Iconoclast Museum of Art (Mima). S'ils préfèrent qu'on ne photographie pas leur visage, c'est pour des raisons légales compréhensibles : leur travail consiste en grande partie à s'introduire dans des lieux abandonnés - usines, entrepôts, bureaux, pas de logements privés - et à y créer ou non des oeuvres d'art. Cette performance de l'effraction génère par exemple l'installation où, sur une carte de Stockholm, on peut suivre le brigandage artistique des compères, clés comprises. Ou encore cette collection de cadenas que le visiteur peut tenter d'ouvrir en suivant quelques uns des milliers de codes consignés dans des livres joints. Sans intention de hooliganisme ou de squattage, Akay & Olabo mettent en lumière ce que le curateur Raphaël Cruyt, nomme " la face cachée de la Lune ", celle qui ne se trouve pas sur les réseaux sociaux, " l'exploration en dehors de Google Street. C'est théoriquement illégal mais sans jamais vouloir porter préjudice. Un peu comme The Goonies, le film de Steven Spielberg, l'idée que l'aventure commence au bout du jardin, derrière une porte cadenassée. Avec au final, une vision romantique de la société, face au gâchis de l'espace, à Stockholm ou Bruxelles ". Le Mima a accueilli 40.000 visiteurs en 2016, 48.000 en 2017, trouvant sa place dans ce quartier situé à la limite de Molenbeek et Bruxelles-Ville et qui ne cesse de changer : pour preuve l'énorme chantier en cours face au musée, de l'autre côté du canal.