Authenticité

C'est une jolie histoire. Il y a 10 ans, Philippe Vertriest décide avec sa femme d'adopter deux petites filles d'origine éthiopienne. Il se plonge alors dans l'étude de la culture africaine et consulte de nombreux ouvrages d'art. Il tombe sous le charme d'un livre de body painting qui l'intrigue. " Cet ouvrage m'attirait, je le consultais encore et encore, sans trop savoir pourquoi ", explique le créateur gantois installé de longue date à Bruxelles. Lui vient alors l'idée de créer une marque de vêtements aux imprimés et dessins inspirés des motifs du body painting. " J'ai voulu travailler plus spécifiquement avec la tribu Kara car son art présente un accord des couleurs et un style qui me parlent davantage que ceux d'autres tribus ", poursuit Philippe Vertriest. S'en sont suivies de nombreuses r...

C'est une jolie histoire. Il y a 10 ans, Philippe Vertriest décide avec sa femme d'adopter deux petites filles d'origine éthiopienne. Il se plonge alors dans l'étude de la culture africaine et consulte de nombreux ouvrages d'art. Il tombe sous le charme d'un livre de body painting qui l'intrigue. " Cet ouvrage m'attirait, je le consultais encore et encore, sans trop savoir pourquoi ", explique le créateur gantois installé de longue date à Bruxelles. Lui vient alors l'idée de créer une marque de vêtements aux imprimés et dessins inspirés des motifs du body painting. " J'ai voulu travailler plus spécifiquement avec la tribu Kara car son art présente un accord des couleurs et un style qui me parlent davantage que ceux d'autres tribus ", poursuit Philippe Vertriest. S'en sont suivies de nombreuses rencontres et de longues tractations avec les responsables éthiopiens avant de lancer in fine le projet. " J'ai dû m'entourer d'un cadre scientifique et rencontrer de nombreuses personnes haut placées avant de pouvoir entrer en contact avec la tribu Kara ", précise-t-il. Le projet du Gantois séduit ce peuple sédentaire vivant sur la rive orientale du fleuve Omo, au sud de l'Ethiopie, car, pour la première fois, il lui est proposé de devenir membre de l'équipe de création d'un projet étranger, et non pas seulement de se soumettre passivement aux consignes d'un artiste photographe ou documentaliste. " Avec Akaso, je veux raconter une belle histoire authentique qui sert aux propriétaires de l'art et leur assure un retour ", souligne Philippe Vertriest. L'équipe de création d'Akaso réunit designers belges et artistes africains. Les premiers imaginent les modèles, tandis que les seconds dessinent motifs et imprimés directement inspirés de l'art centenaire du body painting, à savoir une peinture corporelle aux sujets abstraits et graphiques. Six membres Kara - trois hommes dans la trentaine et trois femmes autour de la vingtaine - ont été désignés par leur communauté pour participer au projet. Chacun d'entre eux est rémunéré comme un styliste indépendant occidental. " Les artistes sont rétribués comme le serait un designer ici en Europe, à savoir 250 euros par dessin réalisé, même si celui-ci n'est pas utilisé pour l'élaboration de la collection ", précise Philippe Vertriest. Toute la collection est produite en Europe, " avec des matières européennes, du fil au produit fini ", insiste le créateur. Le jersey vient d'Autriche ou du Portugal. La maille, quant à elle, est produite soit en Italie, soit en Bulgarie. " Les vêtements sont doux comme de la soie, précise Philippe Vertriest. Ils se lavent en machine et sont faciles d'entretien. " Akaso, spécialisée en jersey, coton et maille, propose surtout des tops et quelques robes. Une collection homme sera présentée la saison prochaine. Pour une question de rentabilité, Philippe Vertriest ne lance pas de collection complète, avec des pantalons, etc. " Il faut une dizaine de boutiques pour rentabiliser une collection entière ", confie le créateur. Ce qui est loin d'être à l'ordre du jour, alors qu'Akaso vient d'ouvrir son premier flagstore dans la Galerie du Roi, à Bruxelles. Prochaine étape ? Une boutique à Anvers. Mais une étape à la fois. Jusqu'à présent, Akaso était distribuée dans 15 boutiques multimarques en Flandre et disponible depuis un an et demi sur Internet. " Le site web est surtout une vitrine car nos produits sont de qualité et nécessitent qu'on les prenne en main et les touche pour se rendre compte de leur qualité et de leur confort ", estime le créateur. Ce dernier vient par ailleurs de signer une première collection de maroquinerie, à savoir des sacs en cuir de veau italien, produits au Portugal, et affichant un dessin en relief inspiré par l'art de scarification Kara.