Si les créateurs anversois ont réussi à placer, dans les années 1980, la Belgique sur l'échiquier de la mode internationale, les stylistes bruxellois ont également contribué, dès les années 1990, à la bonne réputation de la mode belge à l'étranger. Grâce à quelques marques de prestige (Delvaux, Olivier Strelli, Natan, etc.) et surtout grâce aux talents issus de l'école de La Cambre, Bruxelles a en effet pris du galon sur les podiums parisiens où se pressent journalistes et acheteurs du monde entier. Aujourd'hui, plusieurs " Cambriens " occupent d'ailleurs des postes-clés dans de grandes maisons françaises - mention spéciale pour Anthony Vaccarello nommé directeur artistique chez Yves Saint Laurent l'année dernière - et la mode bruxelloise ne cesse d'attirer les regards, tout comme le design qui compte, lui aussi, son lot de créateurs belges internationalement reconnus.

Sur le plan strictement économique, le secteur de la mode et du design représente aujourd'hui quelque 14.000 emplois directs dans la Région de Bruxelles-Capitale et génère une valeur ajoutée de 1,1 milliard d'euros si l'on en croit la dernière étude disponible de Dulbea, le département d'économie appliquée de l'Université Libre de Bruxelles. Bien sûr, cette activité économique ne se résume pas aux seuls créateurs : la majorité de l'emploi (54%) concerne en effet le commerce de gros et de détail. Incontournables, les grands centres commerciaux (rue Neuve, Woluwe Shopping Center, etc.) sont donc aussi cruciaux dans le secteur que les boutiques branchées de la rue Antoine Dansaert.

Toutefois, si l'on prend en compte les emplois indirects qui découlent de cette activité économique, le secteur de la mode et du design en Région bruxelloise représenterait au total plus de 19.000 emplois avec, cette fois, une valeur ajoutée globale de 1,7 milliard d'euros, soit 3 % de la valeur ajoutée totale de la Région. De quoi avoir l'envie de booster les exportations en participant à certaines missions.