La raison semble, en fin de compte, l'emporter. Le groupe Lufthansa a finalement renoncé à intégrer Brussels Airlines, acquise à 100% en 2017 par le groupe allemand, dans sa compagnie low cost Eurowings.
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La raison semble, en fin de compte, l'emporter. Le groupe Lufthansa a finalement renoncé à intégrer Brussels Airlines, acquise à 100% en 2017 par le groupe allemand, dans sa compagnie low cost Eurowings. La compagnie de droit belge devrait continuer à exister sous sa propre marque selon son modèle actuel, mêlant vols courts et moyens-courriers avec des vols lointains, vers l'Afrique et l'Amérique du Nord. Après, toutefois, un plan pour revenir à la rentabilité, dont les lignes seront annoncées d'ici la fin de l'année. Brussels Airlines devrait occuper une place similaire à Swiss et Austrian Airlines au sein du groupe, deux filiales de Lufthansa pour la Suisse et l'Autriche. La direction de Lufthansa prend acte de la crise de croissance de son pôle low cost Eurowings. Le CEO du groupe, Carsten Spohr, a cherché à construire à toute force cette compagnie, court et long-courrier, en y intégrant des morceaux d'origine et de nature différentes : avions repris à Air Berlin, compagnie en faillite, de Germanwings, filiale low cost pour le marché allemand, et Brussels Airlines, pour rivaliser avec Ryanair. Le résultat de ce mécano compliqué est décevant : en 2018, Eurowings (205 avions) a perdu 231 millions d'euros, sur un total de ventes de 4,23 milliards d'euros. Au lieu d'un break-even cette année, Eurowings devrait continuer à perdre de l'argent en 2019. Sous la pression des investisseurs, déboussolés, Lufthansa a fini par revoir sa copie. Elle va concentrer Eurowings sur les vols européens, avec l'espoir de réduire les coûts unitaires de 15%. Brussels Airlines va ainsi renouer avec l'approche défendue par son précédent patron, Bernard Gustin. Il avait payé cher sa résistance à l'intégration à Eurowings et avait dû quitter son poste début 2018, remplacé par un manager de Lufthansa, Christina Foerster. La stratégie Gustin était hybride : semi-low cost pour les vols européens et service régulier style Lufthansa/Air France pour les longs-courriers, avec des classes business et économique.