L'année 2016 a été une annus horribilis pour la Belgique, avec les attentats du 22 mars, et aurait pu avoir des répercussions financières importantes. Brussels Airlines aurait pu ou dû replonger dans le rouge, car son service a été totalement désorganisé. Basée à Zaventem, la compagnie a vu son hub touché de plein fouet et avait dû temporairement assurer ses vols au départs de Liège, Anvers, Francfort et Zurich, en perdant une bonne partie des voyageurs en correspondance. L'impac...

L'année 2016 a été une annus horribilis pour la Belgique, avec les attentats du 22 mars, et aurait pu avoir des répercussions financières importantes. Brussels Airlines aurait pu ou dû replonger dans le rouge, car son service a été totalement désorganisé. Basée à Zaventem, la compagnie a vu son hub touché de plein fouet et avait dû temporairement assurer ses vols au départs de Liège, Anvers, Francfort et Zurich, en perdant une bonne partie des voyageurs en correspondance. L'impact financier, partiellement couvert par les assurances, dépasse les 100 millions d'euros. Brussels Airlines a finalement pu dégager un bénéfice en continuant à investir dans de nouvelles lignes. Elle a ainsi augmenté de 3,2 % le nombre de passagers, qui atteint les 7,7 millions en 2016. Malgré les attentats, qui avaient réduit le nombre de passagers de 20 % en mars de l'année dernière, et la concurrence de Ryanair. Le bénéfice net de la compagnie s'élève à 15 millions d'euros, après versement de 2,5 millions d'euros de parts à son personnel. Une excellente chose car la direction de la compagnie est en pleine négociation avec Lufthansa. Cette dernière a activé en janvier le rachat de 55 % des parts du groupe Brussels Airlines, qui devient filiale à 100 % du groupe allemand. La compagnie va ainsi être intégrée dans le pôle low cost Eurowings. Les bénéfices de 2016 devraient placer les dirigeants belges en meilleure position pour discuter des modalités d'intégration, qui doivent encore être annoncées. Eurowings est construit en assemblant plusieurs transporteurs (Germanwings, une partie des avions d'Air Berlin, Brussels Airlines, etc.) et vise à devenir numéro trois des low cost européens. Le pôle perd toujours de l'argent, son modèle est balbutiant. Les dirigeants de Brussels Airlines cherchent à influencer ce dernier pour y intégrer le plus possible l'approche développée par la compagnie belge. Lufthansa n'a payé que 2,6 millions d'euros pour les 55 % des parts de Brussels Airlines. Une somme symbolique due aux comptes de la compagnie, alourdis par les pertes passées. La Lufthansa estime la valeur de la compagnie belge à -22 millions d'euros (shareholder's equity). Un plan de productivité et de développement a ramené les bénéfices en 2014. Avoir pu les maintenir en 2016 confirme la viabilité de la compagnie, qui vise les 10 millions de passagers en 2018, en continuant à raboter les coûts. ROBERT VAN APELDOORN