En tête dès le premier jour, l'Américain a imposé à la fois sa puissance athlétique et sa force mentale. Nul ne sait où sont les limites de ce joueur hors du commun, détenteur désormais de quatre levées du Grand Chelem et nouveau numéro 1 mondial.
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En tête dès le premier jour, l'Américain a imposé à la fois sa puissance athlétique et sa force mentale. Nul ne sait où sont les limites de ce joueur hors du commun, détenteur désormais de quatre levées du Grand Chelem et nouveau numéro 1 mondial. A défaut d'être le plus charismatique ou le plus talentueux, Brooks Koepka est assurément le joueur le plus complet du circuit mondial. On ne peut qu'être admiratif devant ce champion de 29 ans qui renverse tout sur son passage. " C'est le monstre que Tiger Woods a enfanté ", expliquaient nos confrères d'ESPN. Ils n'ont pas tort. Koepka avait six ans lorsque le Tigre remportait son premier Major, lors du Masters de 1997. Dans la famille, le baseball et le foot américain étaient, à l'époque, les sports de référence. Mais les exploits de Woods servirent de déclic dans la tête du jeune garçon qui n'avait d'yeux que pour le héros black des greens. Aujourd'hui, l'élève a pris la place du maître. Véritable force de la nature, élevé dans le sérail de l'entraînement physique et du surpassement de soi, " BK " est une sorte de décathlonien du golf. Mais parallèlement, il affiche des qualités techniques exceptionnelles. A ses drives de 300 mètres, qui survolent les arbres les plus hauts et qui balayent tous les dessins de parcours, il ajoute un " petit jeu " remarquable, fruit d'un travail titanesque au practice. Et en prime, son mental est d'une solidité sans faille. C'est lors des grands événements, où la pression est maximale, qu'il sort son meilleur registre (quatre titres en Majors en trois ans). Oui, Koepka le champion moderne par excellence. Impressionnant à tous les égards, aussi à l'aise avec le driver qu'avec le sand-wedge, il est en train de faire entrer son sport dans une autre dimension. La façon dont il dicta sa loi lors des deux premiers tours de ce PGA (-12 en 36 trous), humiliant le diabolique parcours de Bethpage (par 70 de près de 7.000 mètres), a mis la planète golf sens dessus-dessous. Certes, il connut quelques frayeurs lors du dernier tour avec le retour de Dustin Johnson. Mais il resta d'un calme olympien pour conserver deux coups d'avance. Sur sa lancée de son historique victoire au Masters, le Tigre espérait frapper un nouveau grand coup, au propre comme au figuré. Mais à l'évidence, le champion américain n'était pas dans le même état d'esprit qu'à Augusta. Très irrégulier au driving, fragile au putting, mis d'entrée sous pression par Brooks Koepka (avec qui il partageait la partie), il n'a jamais trouvé ses marques et n'a pas réussi à passer le cut. C'est évidemment une grande déception. " Il me reste à présent un mois pour corriger les erreurs et être prêt pour l'US Open ", confiait-il, le regard déjà tourné vers Pebble Beach qui sera l'hôte de l'événement. On peut faire confiance à Tiger pour être exact à ce rendez-vous. C'est sur ce même mythique parcours californien qu'il avait remporté, en l'an 2000, l'une des plus belles victoires de sa carrière. Après un début de tournoi catastrophique (triple bogey, bogey et double bogey sur ses trois premiers trous), le numéro 1 belge a réussi à passer le cut et a finalement terminé le tournoi à une honorable 24e place. En d'autres temps, dépité par un tel scénario initial, il aurait probablement sombré corps et âme. Là, guidé par son orgueil, il a remarquablement réagi. Lors du dernier tour, il s'offrit même une carte de 69, avec un eagle. C'est bon signe pour la suite de la saison. En manque de confiance depuis plusieurs mois, l'Anversois avait besoin d'un électrochoc pour repartir du bon pied. Dans ce contexte, sa performance dans ce PGA Championship tombe à point nommé, à quelques jours du Belgian Knockout, la manche belge de l'European Tour dont il sera à la fois l'organisateur et la tête d'affiche. Le tournoi aura lieu du 30 mai au 2 juin sur le parcours anversois de Rinkven.