A la traîne ces derniers temps et malmené par des enquêtes anticorruption, Airbus a engrangé, au salon aéronautique de Dubaï, la plus grande commande de son histoire. Indigo Partners, le fonds d'investissement spécialisé dans la location d'avions à des compagnies low cost, a commandé 430 appareils de la famille A320. Ces 273 A320 Neo et 157 A321 Neo représentent, au prix catalogu...

A la traîne ces derniers temps et malmené par des enquêtes anticorruption, Airbus a engrangé, au salon aéronautique de Dubaï, la plus grande commande de son histoire. Indigo Partners, le fonds d'investissement spécialisé dans la location d'avions à des compagnies low cost, a commandé 430 appareils de la famille A320. Ces 273 A320 Neo et 157 A321 Neo représentent, au prix catalogue, un investissement de 42 milliards d'euros. Indigo va louer ces appareils aux compagnies dont il détient des parts : Frontier Airlines (USA), Volaris (Mexique), Wizz Air (Hongrie) et JetSmart (Chili). Au même salon, Airbus a aussi confirmé une commande de 90 A320 Neo auprès d'un autre loueur, CDB Aviation Lease, pour une valeur de 4,35 milliards d'euros au prix catalogue. Ces deux commandes renforcent le leadership d'Airbus sur le segment, très lucratif, des moyens-courriers. La société a vendu, à ce jour, 15.500 exemplaires de son A320 et de ses dérivés. Ces deux nouvelles transactions témoignent aussi de la montée en puissance des loueurs d'avion. Depuis la crise de 2008, de nombreuses compagnies préfèrent louer que de prendre l'achat et la maintenance des appareils à leur compte. On estime que ces loueurs représentent désormais 40 % de la flotte mondiale. Boeing a aussi été très active à Dubaï. Elle a signé une commande de 225 737 MAX avec Flydubai pour une valeur de 22,8 milliards d'euros au prix catalogue. Elle a aussi doublé Airbus auprès d'Emirates Airlines. Alors que les experts s'attendaient à voir la compagnie du Golfe choisir l'A380, elle a annoncé une commande de 40 Boeing Dreamliner 787 pour une valeur de 12,9 milliards d'euros. La piste des A380, dont les premiers exemplaires vont bientôt quitter la flotte d'Emirates, n'est pas abandonnée pour autant mais la compagnie demande à Airbus des garanties industrielles sur l'avenir à long terme du très gros porteur européen. Par Xavier Beghin