Comme si deux crashs et 346 morts ne suffisaient pas. Comme si de grosses erreurs de conception dans le 737 MAX ne suffisaient pas. Comme si la disruption des opérations dans les compagnies du monde entier, avec notamment la suppression d'un des quatre avions Ryanair stationné à Brussels Airport, ne suffisait pas. Comme si la perte de milliards de dollars ne suffisait pas. La ...

Comme si deux crashs et 346 morts ne suffisaient pas. Comme si de grosses erreurs de conception dans le 737 MAX ne suffisaient pas. Comme si la disruption des opérations dans les compagnies du monde entier, avec notamment la suppression d'un des quatre avions Ryanair stationné à Brussels Airport, ne suffisait pas. Comme si la perte de milliards de dollars ne suffisait pas. La divulgation la semaine dernière de 117 pages de communication interne chez Boeing a révélé un malaise beaucoup plus profond : la culture d'entreprise y semble totalement cassée avec un irrespect total de certains managers haut placés pour les régulateurs, les clients et leurs collègues. Pis même, ils mettent régulièrement en cause la compétence et la qualité des ingénieurs du plus grand exportateur industriel des Etats-Unis et d'un pion essentiel de son économie. Petit florilège : " Cet avion ( le 737 MAX, Ndlr) a été créé par des clowns et supervisé par des singes. " " Tu mettrais ta famille dans un avion entraîné dans un simulateur MAX ? Moi, pas. " " Quand on a présenté l'avion à la FAA ( le régulateur américain, Ndlr), c'était tellement compliqué qu'ils avaient l'air de chiens regardant la TV. " " Ces pilotes dans cette compagnie sont vraiment stupides et leurs patrons incompétents. " " Je ne sais pas comment régler ces problèmes. Parfois, il faut laisser de grandes choses échouer pour que tout le monde identifie enfin le problème. C'est sans doute ce qui doit arriver. " Nul doute que ces révélations ne vont pas aider Boeing à regagner la confiance de l'ensemble de ses stakeholders, à commencer par le public. Elle semble bien loin la compagnie qui a aidé à gagner la Seconde Guerre mondiale, emmené des hommes sur la Lune et acheminé des milliards de personne. Des problèmes qui vont donc bien au-delà de la simple gestion de l'entreprise par Dennis Muilenburg, le CEO remercié en décembre.