C'est fait. Septante-cinq jours après avoir rangé leurs trois étoiles et voué le Karmeliet à l'événementiel, Geert Van Hecke et son épouse Mireille remettent le couvert dans une adorable maison à quelques mètres de leur légendaire hôtel de maître. C'est le Zet'joe. Ce qui, en patois brugeois, signifie " bienvenue ", sous-entendu " mettez-vous à l'aise et faites comme chez vous ".
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C'est fait. Septante-cinq jours après avoir rangé leurs trois étoiles et voué le Karmeliet à l'événementiel, Geert Van Hecke et son épouse Mireille remettent le couvert dans une adorable maison à quelques mètres de leur légendaire hôtel de maître. C'est le Zet'joe. Ce qui, en patois brugeois, signifie " bienvenue ", sous-entendu " mettez-vous à l'aise et faites comme chez vous ". L'espace est chaleureux entre des murs épinglés de toiles chatoyantes. Rectangulaire sans être étroite, la salle distribue des tables carrées devant des banquettes en velours et une vue sur la cuisine. Geert Van Hecke met son talent au service de 28 convives maximum. C'est dire si les nappes blanches pétillent joyeusement aux saveurs d'une cuisine braquée sur la saison et travaillée dans un savoureux classicisme selon les techniques actuelles. Filet de maigre mariné, gelée de crustacés, blanc d'oeuf aux épices, crème d'anchois, citron vert et crevettes rouges colorent l'assiette et développent de surprenantes partitions. Bien en relief, le tartare de poisson conjugue dés de poivron rouge et coriandre. Les goûts éclatent au sein de différentes textures (espuma d'anchois, croquant d'encre de seiche) et des taches de gelée de citron génèrent de la fraîcheur. Généreux jets de houblon de Poperinge, oeuf frit dans une boule en croûte de pain, et goûteux jambon blanc Dukes of Berkshire bénéficient d'un sabayon à la bière blanche. Superbe palette traditionnelle revisitée. Asperges de Malines al dente, belles morilles fraîches, suprêmes de volaille idéalement rosés et tendres, pommes duchesse et mange-tout multiplient saveurs et couleurs. Des ris de veau escalopés, croûtés et moelleux chantent sous une mémorable sauce. Une véritable composition picturale, reflet du marché et du talent du chef. Les douceurs valent tout autant le détour. Service attentionné et soigné. Cave au diapason. Menu à 75 euros (trois services), 125 euros (cinq). SERGE TONNEAU