Marre de ces groupes mondiaux qui délocalisent ? Jetez donc un oeil sur l'aventure de Belourthe. En 2006, Nestlé ferme son usine de production d'aliments pour bébé à Hamoir (sud de la province de Liège) pour s'en aller profiter de la main- d'oeuvre à moindre coût en Chine. On peut pleurer et négocier des primes de départ ou des prépensions. On peut aussi se retrousser les manches et tenter l'impossible. C'e...

Marre de ces groupes mondiaux qui délocalisent ? Jetez donc un oeil sur l'aventure de Belourthe. En 2006, Nestlé ferme son usine de production d'aliments pour bébé à Hamoir (sud de la province de Liège) pour s'en aller profiter de la main- d'oeuvre à moindre coût en Chine. On peut pleurer et négocier des primes de départ ou des prépensions. On peut aussi se retrousser les manches et tenter l'impossible. C'est ce qu'a fait le directeur de l'usine, Vincent Crahay, en rachetant l'outil via un management buy out. " Personne n'y croyait, se souvient-il. Certains travailleurs ont même refusé de rester. " Il est reparti avec 27 personnes sur 140. Dix ans plus tard, Belourthe emploie une centaine de personnes et réalise un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros. Elle a été sacrée " Entreprise de l'année " en 2014. Vincent Crahay ne s'arrête pas là. Il a racheté l'entreprise Oufti, en situation délicate, et qui repart avec de nouveaux produits comme des crêpes fourrées au jambon et au fromage de Chimay. "Il faut se diversifier, insiste-t-il. Dans un monde qui change très vite, avoir plusieurs cordes à son arc aide à amortir les chocs. La réactivité est un atout pour les PME. Cela implique certes des prises de risques. Mais si un projet sur cinq aboutit, ça nous permet d'avancer." Ces produits alimentaires permettent aussi à Belourthe de mettre un pied dans les enseignes belges, qui, hormis les magasins biologiques, réservent encore leurs rayons d'aliments pour bébé aux multinationales. Nul n'est prophète en son pays : Belourthe vit grâce à l'exportation dans près de 70 pays, de l'Australie à l'Espagne en passant par l'Iran. " Il y a 10 ans, on me prenait pour un fou, conclut Vincent Crahay. Aujourd'hui, je vois que les technologies permettent à celui qui a une bonne idée de lancer son entreprise avec une ou deux personnes. Mais d'un autre côté, l'administration tend à décourager les jeunes entrepreneurs. Vous n'imaginez pas le nombre de contrôles fiscaux, sociaux, sanitaires et environnementaux que nous subissons. " C.D.C.