Le public était plus nombreux qu'à l'habitude à la Fondation Boghossian de la bruxelloise Villa Empain, en ce dimanche de la mi-mars. Une explication pour cette affluence inhabituelle ? Sans doute la présence d'oeuvres d'art ignorant le vieillissement, facteur récurrent de la " mélancolie " explorée par Louma Salamé, directrice de la Fondation et curatrice de l'événement. Des oeuvres en dehors du domaine contempora...

Le public était plus nombreux qu'à l'habitude à la Fondation Boghossian de la bruxelloise Villa Empain, en ce dimanche de la mi-mars. Une explication pour cette affluence inhabituelle ? Sans doute la présence d'oeuvres d'art ignorant le vieillissement, facteur récurrent de la " mélancolie " explorée par Louma Salamé, directrice de la Fondation et curatrice de l'événement. Des oeuvres en dehors du domaine contemporain parfois pointu qui fait la réputation du lieu. Au rayon des immanquables, divers styles cadrent le spleen promis par l'exposition Melancholia : une divine toile de Léon Spilliaert datée de 1909, deux peintures tout aussi marquantes de Chirico, jointes à un Giacometti de grande classe. Et puis, des dessins malins de Félicien Rops, dotés du même sentiment bluesy, comme Ostende, seul avec l'océan sous le regard de Dieu (sic), réalisé en 1856. Mais celui qui vole la vedette, c'est évidemment Delvaux, présent avec trois toiles, dont un grand format, Nuit sur la mer, un formidable tableau ténébreux de 1976 qui interroge les pouvoirs du rêve, comme ceux du cauchemar éveillé. Ce qui rejoint la définition du sujet du jour : la mélancolie étant autant un piège plus ou moins consenti de la mémoire qu'un stimulant du présent. Une installation de Mathieu Mercier et ses bacs plastiques est supposée évoquer Mondrian. Les pièces modernes rassemblées sur les deux niveaux de la villa et dans le jardin attenant, trouvent leur propre raison d'être, dans la durée comme dans la confrontation. Comme l'amas de répliques de visages antiques créé par Claudio Parmiggiani. Ou la formidable bibliothèque de livres de verre imaginée par Pascal Convert, qui photographie aussi les dégâts de l'extrémisme afghan. Ou encore l'installation des pierres de Lionel Estève. Et enfin cette Dissolution, où Samuel Yal décompose l'implosion d'un visage dans l'espace. Le tout pour la plus belle exposition tenue à la villa depuis celle consacrée aux drones et autres objets volants il y a trois ans.