Le juge fédéral de Washington, Richard Leon, vient d'infliger une sérieuse défaite à l'administration Trump et aux autorités de la concurrence qui avaient bloqué l'automne dernier le quatrième gros deal de l'histoire des télécoms. AT&T, le géant américain de la téléphonie (160 milliards de dollars de chiffre d'affaires), va donc fusionner avec Time Warner ...

Le juge fédéral de Washington, Richard Leon, vient d'infliger une sérieuse défaite à l'administration Trump et aux autorités de la concurrence qui avaient bloqué l'automne dernier le quatrième gros deal de l'histoire des télécoms. AT&T, le géant américain de la téléphonie (160 milliards de dollars de chiffre d'affaires), va donc fusionner avec Time Warner (32 milliards), le propriétaire de CNN, d'HBO et des studios Warner Bros. L'opération se monte à 85 milliards de dollars. Fait rare, Richard Leon a même déconseillé au ministère américain de la Justice de faire appel de sa décision, le priant de laisser les deux entreprises tranquilles ! Cette opération est fondamentale en termes de publicité aux Etats-Unis. Avec son impressionnant catalogue de clients (plus de 200 millions) tant en téléphonie mobile et fixe qu'en télévision payante (AT&T en est le leader américain depuis le rachat de DirecTV), le géant des télécoms dispose de datas gigantesques sur le comportement de ses abonnés. Il va ainsi pouvoir valoriser à merveille les capacités des chaînes de Time Warner. Cette fusion illustre la forte tendance américaine au rapprochement entre médias et télécoms. Comcast, le câblo-opérateur, a racheté DreamWorks et NBCUniversal tandis que Verizon, le n°1 du mobile, s'est offert AOL et Yahoo ! . Ces alliances sont cruciales aux Etats-Unis pour contrecarrer l'influence des Gafa. A titre d'exemple, Google y est très petit par rapport à AT&T mais dispose évidemment du monde entier comme terrain de jeu. La décision judiciaire a aussi libéré Comcast qui vient de faire une offre, en cash, de 65 milliards pour racheter certains actifs de la Fox. Il y est en concurrence frontale avec Disney, allié avec Rupert Murdoch mais ne craint plus désormais les foudres de l'antitrust.