" Il est des conseillers communaux pour lesquels je n'ose mettre ma main au feu ", reconnaît Bart De Wever, bourgmestre d'Anvers. Pourquoi cet aveu teinté de méfiance? Au fil des ans, le port de la ville est devenu la principale voie d'entrée de la drogue en provenance d'Amérique d...

" Il est des conseillers communaux pour lesquels je n'ose mettre ma main au feu ", reconnaît Bart De Wever, bourgmestre d'Anvers. Pourquoi cet aveu teinté de méfiance? Au fil des ans, le port de la ville est devenu la principale voie d'entrée de la drogue en provenance d'Amérique du Sud. Une véritable passoire et " en tant que bourgmestre, cela me pose problème ", poursuit Bart De Wever dans une interview accordée au quotidien néerlandais De Volkskrant. On ne peut contester, explique-t-il, " que depuis les années 1970, nombre d'entrepreneurs néerlandais se sont scandaleusement enrichis par le commerce de la drogue. Leur business model s'est répandu à travers l'Europe entière. Et cherchant la voie de la moindre résistance, la cocaïne trouve, avec Anvers, un havre de choix ". C'est en effet un des plus vastes ports du monde, grand comme 18.000 terrains de football. Quinze millions de conteneurs y sont annuellement traités par 15 terminaux et, en moyenne, quatre équipes. Mais moins d'un pour cent d'entre eux est contrôlé et le chauffeur qui ne présente pas son conteneur au scan risque tout au plus une amende de 5.000 euros - une misère en regard du pot-de-vin reçu. Résultat : en ville, l'argent de la drogue circule en quantités telles qu'il est devenu un véritable gamechanger. " Nous sommes sur le point de voir la mafia de la drogue acheter du pouvoir politique ", prévient donc Bart De Wever.