Jeff Bezos, le patron emblématique d'Amazon a dit un jour aux petits investisseurs de rester à l'écart des actions de sa société. La raison ? Comme nous étions en pleine bulle internet, début des années 2000, le cours de son action avait chuté de 90 %. A l'époque, il avait précisé que son action n'était pas destinée aux investisseurs qui voulaient bien dormir la nuit. Depuis cette déclaration, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et Amazon est devenue une entreprise tentaculaire dont l'action a dépassé aujourd'hui les 1.000 dollars. Et ce sera sans doute l'une des premières sociétés cotées qui dépassera le fameux seuil des 1.000 milliards de capitalisation boursière avec Apple. Autrement dit, il valait mieux ne pas écouter le conseil de Jeff Bezos et, au contraire, acheter les actions de son entreprise.
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Jeff Bezos, le patron emblématique d'Amazon a dit un jour aux petits investisseurs de rester à l'écart des actions de sa société. La raison ? Comme nous étions en pleine bulle internet, début des années 2000, le cours de son action avait chuté de 90 %. A l'époque, il avait précisé que son action n'était pas destinée aux investisseurs qui voulaient bien dormir la nuit. Depuis cette déclaration, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et Amazon est devenue une entreprise tentaculaire dont l'action a dépassé aujourd'hui les 1.000 dollars. Et ce sera sans doute l'une des premières sociétés cotées qui dépassera le fameux seuil des 1.000 milliards de capitalisation boursière avec Apple. Autrement dit, il valait mieux ne pas écouter le conseil de Jeff Bezos et, au contraire, acheter les actions de son entreprise. Faut-il s'étonner de ce parcours boursier ? Aujourd'hui, Amazon trône en Roi-Soleil sur l'e-commerce et veut même à présent entrer chez vous pendant votre absence pour livrer vos colis. En effet, la société a annoncé qu'elle allait commercialiser dès le 8 novembre dans 37 localités américaines une serrure connectée, vendue avec une caméra de sécurité. Concrètement, et ce uniquement aux Etats-Unis dans un premier temps, lorsque le livreur se présentera devant votre appartement, il scannera l'étiquette du produit avec son téléphone et demandera à Amazon l'autorisation d'entrer. Amazon vérifiera l'adresse, l'identité du livreur et déverrouillera la porte à distance. Ensuite, le livreur fera juste un pas à l'intérieur du logement et déposera le colis, et bien entendu, la caméra vérifiera que le livreur repartira bien les mains vides. Tout cela ne devrait pas prendre plus de 10 secondes au total. Cette application et la serrure connectée proposés par Amazon pourront aussi servir à d'autres services, que ce soit le ménage à domicile ou la garde d'animaux par exemple. En réalité, ce qui est fascinant dans cette histoire, c'est qu'une firme comme Amazon sait déjà beaucoup de choses sur nous via nos achats et nos recherches sur son site. Depuis peu, en mettant au milieu de notre salon une enceinte vocale qui répond à nos demandes et requêtes vocales, Amazon a aussi fait un pas supplémentaire pour pénétrer dans notre intimité. Et le 8 novembre prochain, des millions d'Américains (les Européens les rejoindront plus tard) s'apprêtent à laisser Amazon livrer des objets chez eux même quand ils ne sont pas là ! Le plus fou, c'est que des entreprises qui livrent dans le monde entier -- et Dieu sait s'il y en a -- doivent rester bouche bée. Pourquoi ? Parce que cela fait sans doute des années qu'elles se posent, elles aussi, la question de savoir comment nous livrer des colis en notre absence. Et qu'elles ont dû abandonner cette idée par crainte de réticences en matière de protection de la vie privée. Mais quand c'est Amazon qui le propose, plus personne ne proteste, tout le monde applaudit ou presque. L'image sympathique d'Amazon est tellement forte et l'e-commerce est tellement entré dans nos moeurs qu'au final, l'impossible deviendra réalité ce 8 novembre. C'est comme pour les paiements sur smartphone. Au départ, personne n'était prêt à laisser ses données bancaires sur son GSM. Aujourd'hui, la question ne se pose même plus, c'est devenu machinal. Et donc, oui, rappelons-le, la révolution numérique, c'est d'abord une histoire de confiance. La machine Internet, c'est la machine à confiance, comme le dossier de cette semaine sur la blockchain le démontre. Pour le meilleur comme pour le pire, nous avons décidé de faire confiance à Amazon et à ses confrères Facebook, Microsoft, Google ou Apple. Vu sous l'angle sociologique, la révolution numérique sonne le glas de la vie privée. Après tout, nous avons déjà confié le récit détaillé de notre vie privée à ces sociétés, pourquoi ne pas leur donner aussi nos clés ? Demain, ce sera le cas au sens premier du terme grâce à la serrure connectée d'Amazon (une entreprise anversoise teste aussi ce modèle). Espérons que votre chien n'en profitera pas pour s'échapper lorsque la porte s'ouvrira.... Nous avons déjà confié le récit détaillé de notre vie privée à ces sociétés, pourquoi ne pas leur donner aussi nos clés ?