A la fin des années 1980, on ne savait pas ce qu'Interbrew deviendrait aujourd'hui. Par contre, il était déjà clair que les actionnaires du leader belge du marché brassicole voulaient s'internationaliser.

Plusieurs étapes ont permis d'en arriver au leader mondial du marché que l'on connaît aujourd'hui. D'abord, réussir le pari du marché intérieur, ce qui est le cas d'AB InBev qui occupe, encore aujourd'hui en Belgique, la place de leader avec environ 55 % du marché. Ensuite, faire le choix d'une gestion internationale. Cela n'a pas toujours été très populaire chez nous, mais le comité du groupe à l'international ne compte qu'un seul Belge. Ce qui n'empêche toutefois pas qu'AB InBev ait permis à des centaines de Belges de réaliser une carrière internationale ces dernières années au sein du brasseur mondial.

Par ailleurs, les familles ont, très tôt, fait le choix de quitter les activités opérationnelles. La fusion des brasseries Artois (Louvain) et Piedboeuf (Jupiler à Liège) a eu lieu à la fin des années 1980. Avec pour conséquence, le retrait des actionnaires familiaux des opérations. Ils se contentaient alors de déterminer la ligne stratégique générale du conseil d'administration. Et c'est toujours à partir du conseil d'administration que les familles contrôlent le brasseur mondial, encore aujourd'hui, avec les actionnaires brésiliens. Parce que pour arriver où ils en sont aujourd'hui, les familles AB InBev ont accepté d'ouvrir l'entreprise au capital externe. D'abord, en décembre 2000, à travers la mise en Bourse d'Interbrew. Et en mars 2004, quand a suivi la fusion avec le leader du marché brésilien AmBev. Les familles belges et brésiliennes détiennent aujourd'hui environ 46 % des actions.