Ouvert fin 2021 comme un fast-good de luxe avec ses "miamiches" (des buns de chez Boulengier farcis notamment de saucisse de chez Dierendonck), Saussice se décline désormais en mode bistrot. Et ce nouveau lieu à la déco industrielle stylée, imaginé par les designeuses culinaires du studio La Bouche, Hanna Deroover et Bénédicte Bantuelle (à qui l'on doit aussi, avec Damien Bouchery, le restaurant Bouchéry à Uccle), fait déjà un carton!
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Ouvert fin 2021 comme un fast-good de luxe avec ses "miamiches" (des buns de chez Boulengier farcis notamment de saucisse de chez Dierendonck), Saussice se décline désormais en mode bistrot. Et ce nouveau lieu à la déco industrielle stylée, imaginé par les designeuses culinaires du studio La Bouche, Hanna Deroover et Bénédicte Bantuelle (à qui l'on doit aussi, avec Damien Bouchery, le restaurant Bouchéry à Uccle), fait déjà un carton! C'est qu'on se sent bien dans ce petit resto de quartier à l'ambiance toute parisienne, avec son service jeune et efficace. Mention pour Lucas Coquatrix, sommelier français de 29 ans qui nous aiguille avec bonheur sur "Les Soiffards" 2000. Un niellucciu corse produit en vin de France au sud de Patrimonio, choisi parmi une carte des vins pointue supervisée par Bénédicte Bantuelle, où l'on repère quelques belles maisons: Hervé Souhaut en Ardèche, L'Anglore dans le Rhône, Domaine Pignier dans le Jura... Vif et tendu, ce rouge tout en fruit accompagne à merveille la cuisine moderne et enlevée imaginée par Hanna Deroover et les cuisiniers - il n'y a pas de chef ici. Soit des petites assiettes à partager pleines de peps. Et contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, Saussice n'est pas un repaire de viandards. Parmi les propositions les plus réussies ce soir-là, on se régalait en effet de petits plats végés de saison bien pensés. Comme des topinambours, amandes fumées et sauce lacto-fermentée (9 euros), des choux de Bruxelles cuits à la braise façon salade César (11 euros) ou les très à la mode pommes de terre à la suédoise (8 euros), à déguster avec une crème fraîche aux fines herbes. Pas mal aussi, les travers de porc marinés au kimchi (13 euros), bien cuits et à tremper dans une sauce relevée. Mais on a surtout adoré les feuilles de chicon, juste grillées à la flamme, présentées en salade avec du haddock fumé et une sauce anglaise au raifort (13 euros). Une assiette bien dans son temps, parfaitement balancée, tout comme la jolie tarte tatin caramélisée et crème aigre (11euros). Même si toutes les propositions n'atteignent pas une telle précision, on n'est pas très loin du bistrot parfait. Avec sa cuisine moderne, abordable et sa sélection de vins sans faille, Saussice apporte en tout cas du renouveau à une scène bruxelloise qui manque encore de ce genre d'adresses jeunes, joyeuses et accessibles.