Déambuler dans un magasin Carrefour ces derniers jours était une expérience peu étrange. Partout dans le pays, les frigos, les étals de fruits et légumes ou les départements boucheries y étaient fort clairsemés. Ces images de pénurie trouvent leur source dans la décision, le mercredi 22 septembre, de Kuehne+ Nagel de fermer son site niv...

Déambuler dans un magasin Carrefour ces derniers jours était une expérience peu étrange. Partout dans le pays, les frigos, les étals de fruits et légumes ou les départements boucheries y étaient fort clairsemés. Ces images de pénurie trouvent leur source dans la décision, le mercredi 22 septembre, de Kuehne+ Nagel de fermer son site nivellois dont le seul client était le distributeur. Par solidarité, des ouvriers des autres sites du groupe en Flandre ont décidé de débrayer et c'est toute la filière d'approvisionnement des magasins Carrefour qui a trinqué. A Nivelles, la grève devait durer au moins jusqu'à ce mercredi. Cette fermeture a un goût un peu étrange. Selon Kuehne+ Nagel, elle est inéluctable car le site n'est pas rentable. Pour trois raisons, explique la direction: une faible productivité, un coût salarial plus élevé et la difficulté d'implémenter des processus de changement pour améliorer la qualité du service. Le groupe a donc décidé de regrouper les services destinés à Carrefour sur deux sites flamands: le sec à Kontich et le frais à Kampenhout dans un nouveau bâtiment à construire. Kuehne+Nagel y engage du personnel mais ne propose pas de reclassement au personnel nivellois. Du côté des syndicats, si on ne nie pas les salaires élevés, on parle d'une fermeture organisée délibérément depuis des années et d'un manque flagrant d'investissements. Willy Borsus, le ministre wallon de l'Economie, appelle Carrefour à "donner des signes" et aux deux parties à renouer le dialogue. Il évoque à la fois le manque d'investissements du groupe à Nivelles et un certain radicalisme syndical. Quoi qu'il en soit, la procédure Renault est enclenchée et 549 emplois menacés.