Vous sortez " Bafololo ", un premier album solo en voix et contrebasse: pourquoi ce choix?
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Vous sortez " Bafololo ", un premier album solo en voix et contrebasse: pourquoi ce choix? C'est venu lorsque le festival Les Sentiers de Sart-Risbart, en Brabant wallon, m'a proposé en 2018 de donner un concert avec une contrebasse et la voix. J'avais carte blanche et dans la mesure où c'était en principe pour une seule soirée, je me suis sentie libre de faire ce que je voulais, de choisir des musiques qui me touchent. Je ne savais pas à ce moment-là que j'enregistrerais un album, d'ailleurs dans une église de Sart-Risbart qui possède une acoustique superbe. C'est un disque intime et charnel, composé de musiques très différentes... Oui, et il débute par la reprise d'un morceau corse, d'une certaine façon lié à mes racines puisque la famille de ma mère, Eve Bonfanti, est originaire de l'île. Et ensuite, je passe au morceau Bafololo où je chante en lingala, façon de rendre hommage à celui dont j'ai repris la contrebasse, mon grand-père Jean Hunstad, métis congolais et musicien de jazz. Mais il y a aussi d'autres humeurs, comme celles associées à ma version du répertoire de Purcell. Pourquoi cet éclectisme? Les identités sont toujours multiples, nos histoires personnelles pleines de trajets et d'exils. Peut-être fait-on une erreur en voulant absolument se définir comme appartenant à telle ou telle communauté... Ce que j'aime dans la musique, c'est qu'elle incarne un lien doux avec les mots, comme un rapport direct avec le corps.