Vous êtes né à Bruxelles en 1965 mais habitez Paris depuis une vingtaine d'années, pourquoi ?
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Vous êtes né à Bruxelles en 1965 mais habitez Paris depuis une vingtaine d'années, pourquoi ? La France, loin devant les Etats-Unis, reste le premier pays au monde pour le jazz. Un véritable intérêt pour cette musique y existe, avec également des clubs et des salles, sans oublier une presse spécialisée.La Belgique, culturellement divisée en deux, reste un territoire compliqué pour y développer le jazz. Bien que d'origine bruxelloise, j'ai aussi des racines flamandes via mon père, Elias Gistelinck, trompettiste, chef d'orchestre et fondateur du Jazz Middelheim. Pourtant, on parle davantage de moi du côté francophone que flamand... Vous sortez un nouvel album, " Skin In The Game ", avec des musiciens de différentes nationalités, dont l'Afro-Américain Marlon Moore qui y récite deux formidables poèmes. C'est quelqu'un de proche, originaire de Philadelphie où il habite encore, même s'il s'absente lorsqu'il part en tournée avec moi ou donne des workshops à l'antenne parisienne de l'Université Columbia. Les musiciens qui jouent sur l'album, trois Français et un Canadien, plus jeunes que moi, m'ont donné une belle énergie. Cet album rappelle " A Lover's Question ", disque paru en 1990 où vous collaboriez avec l'écrivain James Baldwin. C'est une manière de boucler la boucle. J'ai habité avec Baldwin à Saint-Paul-de-Vence et à New York. Il m'a énormément appris, lui qui disait : " le timbre de la voix n'est ni blanc ni noir : il est le résumé d'une vie "...