On vous connaît comme membre du trio Telex, moins comme artiste visuel. Vous présentez une expo à Bruxelles : " Désordre Disordre ". De quoi s'agit-il ?
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On vous connaît comme membre du trio Telex, moins comme artiste visuel. Vous présentez une expo à Bruxelles : " Désordre Disordre ". De quoi s'agit-il ? J'ai failli l'appeler " Michel joue avec des poupées", allusion au fait que depuis que je photographie, je me sers de jouets comme archétypes de la réalité, histoire d'exorciser mes propres angoisses. J'ai commencé dans les années 1980 en plaçant de petits personnages, sortis du monde du train électrique, sur des corps réels. Mes images sont composées et n'ont donc rien à voir avec la " street photographie " : j'ordonne des natures mortes qui n'ont jamais vécu ! Une théâtralisation qui passe forcément par le digital ? Oui, parce que je choisis la finalité de l'image à l'ordinateur. C'est là que je m'autorise des retouches, des couleurs, des mises en contraste pour transmettre quelque chose qui, au départ, est enfantin et navigue ensuite vers des préoccupations plus adultes, voire dures. Comme dans cette expo où la poupée sert à incarner et à exorciser les violences actuelles. Pourquoi ces objets ? Je pense qu'on peut traiter les mannequins et les poupées autrement que les êtres humains ( sourire). Et dans ces matières synthétiques, il y a aussi l'aspect ludique et coloré qui prédispose à vivre de nouvelles aventures. C'est pas mal d'utiliser nos propres souvenirs d'enfance pour exprimer l'adulte qui est en nous.