Le Boulevard du Polar propose des balades, des expos, des rencontres et d'autres choses autour du polar. Quelle est la place de celui-ci dans la littérature actuelle ?

Je pense que c'est " le " genre qui parle de notre société et de ce qui fait l'humain dans la communauté. Le polar amène des questionne-ments en prenant aux tripes. On lit, on vit, on regarde ce qui fait écho aux conflits que l'on vit : les migrations, la paupérisation, les différences qui se marquent.

Y compris dans le genre nordique, dont vous invitez trois auteures en collaboration avec le Bifff, le Festival du film fantastique ?

Oui. Il y aura notamment Tove Alsterdal, écrivaine très analytique qui pratique la vraie recherche psychologique des personnages. Elle est également avocate à la Cour européenne. Mais le festival est aussi un moment de rencontres juste sympathiques, notamment lors des tables rondes face au public qui, en dépit de sujets parfois gra-ves, montrent l'humour des auteurs. Comme celui de Patrick Raynal et de ses " filles " Pascale Fonteneau ou Nadine Monfils.

Quelles sont les nouvelles formes narratives et stylistiques du polar ?

Dans les nouvelles générations d'écrivains qui font du " noir ", nous invitons des gens comme Jean-Christophe Tixier, auteur d'un roman qui raconte les bagnes pour enfants du début du 20e siècle. Grand contraste avec la figure de Sophie Hénaff dont la trilogie pioche dans l'humoristique : on est dans " Les Tontons Flingueurs ", la réplique bien sentie, le bon jeu de mots, la recherche d'écriture drôle. Elle nous fait le portrait d'une brigade de bras cassés et incarne un genre qui va de la tragédie à la comédie.

Du 12 au 14 avril à Bozar, entrée gratuite. www.boulevard-du-polar.be