Lors de sa dernière assemblée générale, l'Ordre des barreaux francophones et germanophone (Avocats.be), qui réunit 7.500 avocats, a décidé de créer un incubateur dédié aux nouvelles technologies qui bousculent le secteur juridique. Confrontés à l'émergence des start-up du droit (les legaltechs) et des logiciels d'automatisation, les avocats se devaient de réagir. " La vague digitale a un impact profond sur tous les métiers, y compris celui d'avocat. Or, notre profession est peu sensibilisée à ces mutations et s'avère parfois réfractaire au changement, qui est souvent vu comme une mena...

Lors de sa dernière assemblée générale, l'Ordre des barreaux francophones et germanophone (Avocats.be), qui réunit 7.500 avocats, a décidé de créer un incubateur dédié aux nouvelles technologies qui bousculent le secteur juridique. Confrontés à l'émergence des start-up du droit (les legaltechs) et des logiciels d'automatisation, les avocats se devaient de réagir. " La vague digitale a un impact profond sur tous les métiers, y compris celui d'avocat. Or, notre profession est peu sensibilisée à ces mutations et s'avère parfois réfractaire au changement, qui est souvent vu comme une menace plutôt qu'une opportunité. Notre objectif est de faire évoluer les mentalités et de placer l'avocat au coeur de l'innovation ", explique Adrien van den Branden, avocat chez CMS DeBacker et membre du Comité de pilotage du tout nouvel incubateur. Avocats.be s'est inspiré du barreau de Paris, qui a créé son incubateur en 2014. Le modèle a ensuite essaimé à Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, etc. L'incubateur belge se fixe trois missions : alerter les avocats au sujet de l'impact du numérique sur leur profession, promouvoir l'innovation au sein des cabinets et communiquer sur l'évolution des technologies du droit. Contrairement à un incubateur de start-up qui vise à faire émerger des projets, l'incubateur d'Avocats.be a plutôt pour objectif le brassage d'idées, en l'occurrence entre les avocats et les legaltechs. Il ne dispose pas d'un budget spécifique et repose sur la bonne volonté de ses animateurs. Le comité chargé de gérer l'incubateur est composé de six avocats récemment diplômés. " Nous sommes organisés de façon très lean (système de management cher aux start-up, Ndlr), avec chacun un projet à piloter ", pointe Adrien van den Branden, qui organise un concours dédié aux legaltechs et aux cabinets d'avocats innovants. Alexiane Wyns, avocate indépendante très active en ligne, notamment via sa chaîne juridique sur YouTube, pilote une conférence sur le thème de l'innovation. D'autres projets sont en cours de concrétisation, tous pilotés par de jeunes avocats : " C'est un sujet qui nous intéresse tout particulièrement. Nous serons les premiers à être impactés par ces nouvelles technologies ", souligne Adrien van den Branden. Les logiciels d'automatisation tendent en effet à remplacer le travail traditionnellement effectué par des avocats juniors, comme les due diligence, qui impliquent le contrôle d'une multitude de documents préalablement à une grosse opération (une fusion, par exemple). Les générations de juristes qui sortent aujourd'hui de l'université n'en sont pas forcément conscients : " Le rôle de l'avocat va changer, explique Stanislas van Wassenhoven, avocat chez Taquet, Clesse & Van Eeckhoutte et membre du Conseil de supervision de l'incubateur. Nous aurons besoin d'avocats augmentés, qui ont une expérience du secteur économique du client, et qui peuvent jongler avec les nouvelles technologies d'automatisation ".