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Entretien avec Jean de Codt, premier président de la Cour de cassation: "La justice, ce n'est pas Tax-on-web"

24/08/18 à 09:44 - Mise à jour à 09:44
Du Trends-Tendances du 16/08/18

Pour le plus haut magistrat du pays, la justice ne peut être rendue par des logiciels automatisés. Alors que certains dirigeants, avocats et start-up de la " legaltech " rêvent de voir l'intelligence artificielle remplacer certains pans du droit, le premier président de la Cour de cassation dénonce des projets motivés par une volonté de réaliser de nouvelles économies.

Parcourir les couloirs du palais de justice de Bruxelles, c'est s'inviter dans un autre espace-temps. Majestueux et suranné, l'édifice semble figé dans le siècle qui l'a vu naître. Les salles d'audience lambrissées et élimées de la Cour de cassation se fondent parfaitement dans ce décor. Derrière une impressionnante double porte matelassée, se cache le bureau du chevalier Jean de Codt. Affable, le premier président nous décrit une institution judiciaire désargentée, fonctionnant avec des bouts de ficelle. En témoigne la lente numérisation de la justice... qui touche jusqu'à la plus haute juridiction du pays. Au début de l'année, la Cour de cassation s'est adjoint les services de deux informaticiens : " Auparavant, nous dépendions du helpdesk central, où nous devions prendre un numéro comme à la boucherie. Heureusement, un de nos chauffeurs se débrouille en informatique, ce qui nous rend pas mal de services ", évoque le premier magistrat du pays.
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