Entre la cité du Ban Eik, la chaussée commerçante de Malines et les quartiers purement résidentiels, Wezembeek-Oppem présente un paysage assez varié en matière d'immobilier. Loin de ressembler à un ghetto de riches, la commune fait pourtant partie des plus chères de la périphérie flamande de Bruxelles. Les chiffres le prouvent : avec un prix médian de 437.500 euros au premier semestre pour les maisons, Wezembeek-Oppem reste plus abordable que ses voisines bruxelloises les plus prisées comme Woluwe-Saint-Pierre (510.000 euros), mais se place bien au-dessus de la moyenne du Brabant flamand, qui se situe à 275.000 euros. Le constat est le même pour les appartements, avec un prix médian de 288.750 euros pour la commune, contre 210.000 euros pour la province et presque autant pour des voisines flamandes comme Crainhem et Zaventem.
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Entre la cité du Ban Eik, la chaussée commerçante de Malines et les quartiers purement résidentiels, Wezembeek-Oppem présente un paysage assez varié en matière d'immobilier. Loin de ressembler à un ghetto de riches, la commune fait pourtant partie des plus chères de la périphérie flamande de Bruxelles. Les chiffres le prouvent : avec un prix médian de 437.500 euros au premier semestre pour les maisons, Wezembeek-Oppem reste plus abordable que ses voisines bruxelloises les plus prisées comme Woluwe-Saint-Pierre (510.000 euros), mais se place bien au-dessus de la moyenne du Brabant flamand, qui se situe à 275.000 euros. Le constat est le même pour les appartements, avec un prix médian de 288.750 euros pour la commune, contre 210.000 euros pour la province et presque autant pour des voisines flamandes comme Crainhem et Zaventem. D'après Frédéric Petit (MR), bourgmestre de la commune, les prix élevés s'expliquent par la loi de l'offre et la demande. " Wezembeek est très appréciée pour son côté 'ville à la campagne', confie-t-il. J'ai fui Uccle quand j'avais 20 ans car la mobilité y était un cauchemar et je cherchais un endroit avantageux où faire mon nid. J'ai tout de suite repéré Wezembeek-Oppem car la circulation y était raisonnable, et elle l'est encore aujourd'hui. Wezembeek est aussi une commune très résidentielle, qui est encore à deux tiers composée d'espaces verts et de champs alors qu'elle se situe tout près de Bruxelles. " Muriel Van Wetter, directrice de l'agence Immo Wezembeek, ajoute à ces atouts le fait que Wezembeek est une commune à facilités et qu'elle se trouve à proximité directe de la plupart des écoles internationales. " Beaucoup d'expatriés s'y installent et ont contribué à la hausse des prix de l'immobilier car, en plus de leur salaire, leurs employeurs leur allouent un budget important pour se loger. " Aujourd'hui, la plupart des expatriés et des ménages aux budgets élevés vivent entre la rue du Long Chêne - qui accueille l'école allemande - et la maison communale près de laquelle " il n'est pas rare de trouver des maisons deux façades en location à plus de 2.000 euros par mois ", comme le précise Muriel Van Wetter. On trouve aussi de beaux quartiers et de grosses villas près des champs et autour de la chaussée de Malines, à proximité du ring de Bruxelles. Mais ceci n'est qu'un des aspects de Wezembeek-Oppem. Son bourgmestre Frédéric Petit l'avoue : " On peut parler d'une commune à plusieurs visages, avec des très pauvres comme des très riches. " On y trouve ainsi des quartiers privilégiés comme le domaine Fuji, qui compte quelques grosses villas implantées sur de vastes terrains avec piscines et tennis, le tout dans un cadre vert en bordure de la chaussée de Malines et à deux pas du ring. Puis, à quelques centaines de mètres à peine, le paysage change du tout au tout à la cité du Ban Eik, un quartier de logements publics. Les villas cossues à l'architecture soignée laissent place à de petites maisons standardisées, près desquelles se dressent plusieurs grands immeubles à appartements construits dans les années 1960. Alors que d'autres communes oeuvrent pour sortir les logements publics des cités et développer des zones de logements mixtes, ce clivage n'est pas près de changer à Wezembeek. " Nos efforts se concentrent surtout sur la dynamisation du Ban Eik, dans lequel nous avons notamment implanté une maison des jeunes et un centre culturel, explique le bourgmestre. Avec 400 logements publics, notre commune atteint un taux d'environ 8 %, ce qui est supérieur aux quotas de la Flandre. Il a été envisagé à un moment d'ajouter des habitations sociales près du projet de la nouvelle maison communale mais nous avons fait face à une véritable levée de boucliers des riverains, qui ne voulaient pas de logements supplémentaires et encore moins de logements publics. Nous n'avons pas insisté car la commune possède assez d'habitations sociales pour l'instant, mais il n'est pas exclu que des logements abordables viennent se greffer à d'autres projets immobiliers dans les prochaines années. " De projets, il en est question entre l'avenue de Wezembeek et les rues Louis Marcelis et Jean-Baptiste de Keyzer avec le Kloostertuin, une résidence de 125 appartements répartis entre plusieurs bâtiments de taille moyenne. Ces nouvelles habitations prennent forme dans l'ancien jardin du couvent des religieuses Servites de Marie, dont certaines parties vont être préservées pour qu'à l'image de la commune, le projet offre de nombreux espaces verts. Tout comme un clos de maisons neuves récemment bâti près de la chaussée de Malines, la première phase du Kloostertuin a connu un beau succès commercial. " Il y a actuellement dans la commune une très grande demande de la part des seniors qui quittent leur maison et souhaitent s'installer dans des appartements de qualité, constate Frédéric Petit. Ces nouveaux logements leur correspondent donc parfaitement mais ils intéressent également les jeunes ménages qui préfèrent les appartements aux maisons pour des raisons de facilité. Ils ne veulent en effet pas s'encombrer avec l'entretien d'un jardin et sont désireux de profiter des avantages logistiques d'une copropriété. " A terme, Frédéric Petit estime que cette tendance à se tourner vers les appartements pourrait avoir une répercussion sur les prix des maisons, qui baisseraient face à une demande moins importante. Muriel Van Wetter constate déjà que les maisons à rénover se vendent moins bien, mais attirent toutefois de jeunes couples qui quittent les communes bruxelloises les plus chères comme Woluwe-Saint-Pierre et se replient vers Wezembeek pour ses prix, en comparaison plus abordables. L'agent immobilier constate aussi que " la demande se concentre sur les biens jusqu'à 350.000 et 450.000 euros, mais il y a également un créneau jusqu'à 650.000 euros. Au-delà, le marché est plus calme en ce moment. " En plus des facteurs économiques, cette petite légère baisse d'intérêt pour les biens plus haut de gamme pourrait s'expliquer, selon Frédéric Petit par le survol des avions au-dessus de la commune. " Wezembeek n'est pas le seul territoire touché, mais force est de constater que la situation s'est détériorée ces dernières années et que, même si ce ne sont pas toujours les mêmes qui souffrent, nos habitants doivent régulièrement faire face aux nuisances sonores des avions ", déplore le bourgmestre. D'après lui, l'impact du survol de la commune sur le marché de l'immobilier est bien réel, mais reste toutefois limité. " Il y a des gens pour qui ces nuisances sont rédhibitoires, et d'autres qui choisissent de s'en accommoder car, d'après eux, les avantages de la commune contrebalancent cet inconvénient. De ce fait, le survol des avions ne fait pas baisser les prix de l'immobilier mais je constate toutefois qu'il peut influencer les délais de vente, surtout pour les biens au-delà de 600.000 euros. Comme les gens font désormais des achats plus raisonnés, il n'est pas rare que ces maisons ou appartements restent sur le marché durant six mois à un an. " Quid de la situation du marché immobilier dans les prochaines années ? En plus d'une éventuelle baisse du prix des maisons liée à une demande plus faible, on pourrait s'attendre à ce que l'attrait pour les appartements neufs de qualité fasse grimper les tarifs de ceux-ci, d'autant plus que la commune ne dispose pas d'une grosse réserve en la matière. " Il y a encore un grand terrain à bâtir en possession du CPAS et sur lequel il est possible d'implanter une cinquantaine de logements, détaille Frédéric Petit. Le projet de la nouvelle maison communale, quant à lui, devrait accueillir une centaine d'appartements. Avec le Kloostertuin, cela représente une capacité d'environ 300 nouveaux logements sur la commune, auxquels s'ajoutent évidemment quelques plus petits projets sur des terrains de moindre superficie. Etant donné que l'espace est restreint, on construit essentiellement des appartements. Une fois que les projets que j'ai cités seront bâtis, il n'y aura en effet plus d'autres possibilités puisque notre plan de structure ne permet pas de construire sur d'autres terrains. Wezembeek accueille actuellement 14.090 habitants, nous arriverons peut-être à 15.000 avec ces nouveaux logements mais je pense que c'est le maximum souhaitable. " En dehors de l'offre de la loi et de la demande, c'est également la politique qui influence les prix à Wezembeek-Oppem. La commune et ses voisines ont connu un véritable boom vers 2005-2006, avant que les choses ralentissent en 2016. " Le Brexit, le changement de présidence aux Etats-Unis et les attentats qui ont rendu l'Europe moins sûre ne sont pas étrangers à cette baisse des prix, souligne Muriel Van Wetter. La politique internationale a en effet une grande influence sur la commune puisqu'elle héberge de nombreux expatriés. Les conditions actuelles nous font rester optimistes, car le marché semble remonter cette année et la présence des institutions européennes à Bruxelles reste favorable pour l'immobilier. Toutefois, je pense et j'espère que l'on est plus ou moins arrivé à un maximum en termes de prix, car l'accès au logement à Wezembeek-Oppem devient vraiment onéreux pour les Belges. " Les autorités communales sont conscientes de ce phénomène et essayent d'ailleurs de le contrer. En plus d'une offre relativement importante de logements publics, Wezembeek tente de rendre son immobilier plus attractif et abordable avec des mesures comme des centimes additionnels sur le précompte immobilier qui s'élèvent à 850, contre une moyenne de 1.165 en Flandre. Elle incite également ses citoyens à rénover et isoler leur habitation avec des subsides supplémentaires, ce dont de nombreux propriétaires ont profité ces dernières années. Enfin, il est également envisagé pour la prochaine législature de favoriser les acquisitions immobilières par les jeunes ménages au travers d'avantages financiers. Ces mesures devraient permettre à Wezembeek de conserver une certaine mixité en termes d'habitants, mais elles ne sauraient contrer des facteurs d'influence plus importants, comme la loi de l'offre et la demande ainsi que la politique internationale, dont les effets en cascade se font ressentir jusque dans l'immobilier local. MARIE-EVE REBTS