Unibail-Rodamco, qui porte le projet avec Besix et CFE, vient d'apprendre qu'il disposait désormais du certificat d'urbanisme, après avoir déjà en poche le certificat d'environnement. Des documents qui lui permettent de plancher sur la demande de permis en bonne et due forme - qui a été largement affinée ces derniers mois suite à des consultations avec 3.000 riverains - et d'espérer la déposer au second semestre 2019. Avec, si tout se passe bien et qu'aucun recours ne vient retarder le planning, un premier coup de pelleteuse attendu en 2020 et une ouverture prévue fin 2023. L'entièreté du site (210.000 m2) ne sera toutefois pas encore reconfigurée à cette date : on pourra alors découvrir le centre commercial (72.000 m2), le volet loisirs et la moitié des logements (590 au total). Le solde du volet résidentiel sera construit progressivement par la suite, en fonction de l'état de commercialisation des premières unités.

Bref, malgré leur discrétion et leur prudence de Sioux, les porteurs de projet semblent sereins. " De toute façon, nous avons toujours affirmé que nous sortirons le projet quoi qu'il arrive, explique le Français Michel Dessolain, le COO d'Unibail-Rodamco, rencontré il y a peu au Mapic, le salon international de l'immobilier commercial à Cannes. Il s'agit d'un projet mixte qui vise une revitalisation urbaine en recréant un morceau de ville par le biais de trois volets bien équilibrés. C'est un projet incontournable pour Bruxelles, qui va bien au-delà des couleurs politiques. "

Un partenariat avec Disney

Si les signatures s'enchaînent ces derniers temps - Kinepolis pour le cinéma, la Compagnie des Alpes pour le volet loisirs (le parc d'attractions Spirou) -, le volet commercial requiert toujours plus d'attention. D'autant qu'une cartouche d'envergure s'est ajoutée en juin dernier au mastodonte qu'était déjà Unibail-Rodamco (97 centres commerciaux dans 13 pays) avec le rachat du groupe australien Westfield. De quoi réorienter quelque peu l'offre commerciale bruxelloise et donner une touche plus américaine aux enseignes qui s'installeront aux portes du Heysel. " Nous signerons avec les enseignes potentielles le plus tard possible pour être au plus près des dernières tendances, affirme Michel Dessolain. L'arrivée de Westfield, qui était fort présent aux Etats-Unis, nous ouvre de nouvelles perspectives par rapport à des enseignes qui ne sont pas présentes en Belgique. " Et de citer, en exemple, Victoria Secret, Søstrene Grene (magasin de déco danois), Snipes (chaussures) ou encore Va Piano (restauration). " Le monde du commerce évolue à grande vitesse, fait remarquer Michel Dessolain. Or, nous voulons être précurseurs et proposer un centre commercial qui comporte toutes les nouvelles tendances et technologies. Nous allons notamment recentrer l'offre commerciale autour du sport (avec des salles de fitness), des chaussures, un volet santé et beauté et du food and beverage, au détriment de la partie fashion et textile. On prévoit aussi un grand food hall de 5.000 m2 avec une trentaine de petits restaurants. L'idée sera de créer une offre événementielle d'envergure. On pense à des partenariats récurrents avec Disney. "

Ajoutons que l'on a également appris que le centre commercial devrait, à terme, changer de nom et s'appeler Westfield. Un nom qui a une résonance mondiale et qui est une marque forte. De quoi être à la hauteur des ambitions.