L'information a suscité des réactions diverses mais, au final, peu variées. En résumé : tout le monde a applaudi la mesure des deux mains. Il faut dire qu'elle n'a rien de surprenant : la plupart des acteurs du monde immobilier ont déjà intégré depuis longtemps les notions de densification et de développement de projets dans les noyaux urbains. Même des acteurs comme Matexi ou Thomas & Piron qui ont bâti leur modèle économique sur les lotissements et les quatre façades ont modifié leur approche du métier ces dernières années.

Les principes se matérialisent donc aujourd'hui. Et les responsables régionaux passent à la vitesse supérieure. C'est bien évidemment une bonne chose. Il est inconcevable aujourd'hui d'encore construire des maisons quatre façades au milieu des champs, dans des lieux dénués d'équipements et de facilités. La manière d'aménager le territoire a évolué depuis 15 ans. Les premières réalisations sortent d'ailleurs de terre ici et là. Il faut maintenant accentuer le mouvement. Les différentes interviews croisées réalisées dans le cadre de ce Guide immobilier témoignent du fait que cette thématique du frein à l'étalement urbain est déjà bien ancrée dans les mentalités des développeurs et décideurs. Reste à essaimer encore davantage ces idées auprès de Monsieur et Madame Tout- le-Monde. Ce qui ne sera pas une mince affaire.

Il est inconcevable aujourd'hui d'encore construire des maisons quatre façades au milieu des champs, dans des lieux dénués d'équipements et de facilités

Deux précisions ensuite. Sémantique tout d'abord. Si le slogan " Stop au béton " frappe les esprits, il est inapproprié. On ne va pas arrêter de " bétonner " la Wallonie. On va juste la reconstruire d'une autre manière. Ce qui est très différent. Avec, on peut l'espérer, davantage de qualité et de prise en compte des besoins des habitants. L'avenir est à l'immobilier de concept. Où le service est roi, le partage encouragé et les facilités (techniques, numériques, sociétales) multiples.

Une seconde précision, plus technique cette fois. Ce " Stop au béton " est encore loin d'être acquis. L'horizon est lointain. Et les questions qu'il suscite sont légion. Dont celle-ci : comment va-t-on financer l'indemnisation des propriétaires fonciers lésés ? Nul ne le sait. On tend même vers une non-indemnisation, ce qui entraînerait un effet contraire. A savoir une urbanisation à tout va d'ici les premières interdictions. Avec les conséquences, irrémédiables, que l'on imagine. Autre interrogation : actuellement, les principaux acteurs de l'étalement urbain sont des communes et des intercommunales qui, par le biais de dérogations, obtiennent des passe-droits pour construire une caserne de pompiers ou un centre sportif au milieu des champs. Serrer la vis à tous les niveaux sera donc obligatoire pour préserver le sol wallon. Sans quoi les bétonneuses tourneront à nouveau à l'envers.