L'affrontement s'annonçait tendu. Au final, les couteaux sont restés sur la table et les noms d'oiseaux ont été préservés pour d'autres occasions. La Ville de La Louvière et le groupe Wilhelm & Co se sont reparlés autrement que par voie de presse ce lundi sur le coup de 15 heures. Le promoteur immobilier est venu présenter la nouvelle mouture de son important projet mixte La Strada (commerces, bureaux et résidentiel). La démarche n'était pas anodine : elle fait suite à un procès verbal de carence déposé par la Ville à l'encontre du promoteur pour une série de manquements au contrat initial. Une preuve supplémentaire de l'ambiance délétère qui règne entre...

L'affrontement s'annonçait tendu. Au final, les couteaux sont restés sur la table et les noms d'oiseaux ont été préservés pour d'autres occasions. La Ville de La Louvière et le groupe Wilhelm & Co se sont reparlés autrement que par voie de presse ce lundi sur le coup de 15 heures. Le promoteur immobilier est venu présenter la nouvelle mouture de son important projet mixte La Strada (commerces, bureaux et résidentiel). La démarche n'était pas anodine : elle fait suite à un procès verbal de carence déposé par la Ville à l'encontre du promoteur pour une série de manquements au contrat initial. Une preuve supplémentaire de l'ambiance délétère qui règne entre les deux parties. Le problème, c'est qu'ils sont quelque peu condamnés à s'entendre : l'un pour revitaliser son centre-ville, l'autre pour enfin rentabiliser un projet qui traine depuis huit ans et qui a déjà englouti douze millions d'euros. "Nous nous sommes reparlés, c'est le plus important, clame le bourgmestre local Jacques Gobert (PS). Nous avons demandé à Wilhelm & Co de nous remettre ses plans pour pouvoir les analyser. Nous remettrons un avis d'ici 30 jours. L'avant-projet est attendu d'ici la fin de l'année. Le dialogue n'est pas rompu, c'est le plus important. Notre volonté est d'aboutir."Que comprend cette nouvelle mouture dessinée par le bureau d'architecture espagnol L35 ? Elle vise toujours à reconvertir le site de l'ancienne faïencerie Royal Boch (15 ha) en un nouveau quartier mixte en plein centre-ville. Le volet commercial a été redistribué, avec un second développement au nord du site pour les moyennes et grandes enseignes. Au total, on retrouvera un centre commercial de 25.000 m2 et un second espace de 17.000 m2 regroupant également des commerces. Le parc d'1 hectare situé au coeur du site est maintenu, de même que les 600 à 700 appartements (la première phase comprendra 240 unités). Les 4.000 m2 de bureaux, conçus à l'origine dans le cadre d'un partenariat avec Franco Dragone, passent par contre à la trappe. "Nous étions obligés de modifier ce projet, précise Jean Michel Despaux, COO de Wilhelm & Co. De précurseur, La Strada était passé à retardataire vu les développements de Rive Gauche à Charleroi et des Grands Prés à Mons. De grandes enseignes telles que Primark ou MediaMarkt nous ont filé sous le nez. Le projet a donc été réadapté, davantage en phase avec les besoins actuels. Le volet commercial a été réorganisé. L'espace culturel et de loisirs a été accentué, avec des cinémas, un hôtel, des terrains de sports, des jeux pour enfants, etc. Les perspectives ont été dégagées. Bref, ce projet ressemble davantage à un lieu de vie."Quant au planning, difficile de se prononcer clairement tant les rebondissements ont été nombreux dans ce dossier. Un avant-projet est attendu d'ici la fin de l'année, avant le dépôt d'une demande de permis au premier semestre et un lancement des travaux espéré en 2018. "La premier élément, c'est que la Ville nous enlève l'épée de Damoclès qu'elle nous a mis au-dessus de la tête avec ce PV de carence, poursuit Jean-Michel Despaux. Nous verrons ensuite comment travailler ensemble... Ce serait bien d'être enfin partenaire sur un projet de cette ampleur." Ajoutons que l'épineuse question du financement devra encore être réglée par Wilhelm & Co.XAVIER ATTOUT