Van Nieuwerburgh, professeur à la Stern School of Business de la New York University, a étudié en détail la crise immobilière aux États-Unis, qui a paralysé le monde financier en 2008. Mais il a également délivré, pendant des années, des conseils à la Banque Nationale concernant le marché du logement en Belgique.
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Van Nieuwerburgh, professeur à la Stern School of Business de la New York University, a étudié en détail la crise immobilière aux États-Unis, qui a paralysé le monde financier en 2008. Mais il a également délivré, pendant des années, des conseils à la Banque Nationale concernant le marché du logement en Belgique."Les prix des logements en Belgique augmentent déjà depuis 40 ans, et nous avons cette idée que cela va continuer. Ce n'est bien sûr pas le cas." Il constate que les banques belges ont plutôt beaucoup de crédits à risque au bilan. C'est la raison pour laquelle il est surpris par le fait que la Banque Nationale ait donné suite au plaidoyer du ministre flamand Bart Tommelein concernant l'assouplissement des crédits logement pour les personnes qui désirent emprunter plus de 80% de la valeur d'achat.Actuellement, ces crédits sont plus chers, car pour faire face à ces risques plus grands, les banques doivent constituer un plus grand coussin de fonds propres. Bart Tommelein était d'avis, dans une communication récente, qu'une assurance contre le défaut de paiement pourrait remplacer cette plus grande exigence de capitaux propres.Mais entre-temps, l'A.R. sur cette nouvelle mesure pour l'autorité de surveillance - la Banque Nationale - se fait toujours attendre. Tous les partis politiques ne sont notamment pas sur la même longueur d'onde. Pour Van Nieuwerburgh, une telle mesure serait pour le moins raisonnable, et il ne comprend également pas que la Banque Nationale fasse maintenant un revirement dans sa politique."La Banque Nationale est devenue beaucoup plus stricte, il y a quelques années, et ceci va dans le sens inverse. L'acquisition d'une habitation est bien sûr une problématique qui interpelle beaucoup de personnes. Les politiciens y réagissent volontiers. Mais ce qu'ils négligent de dire, c'est que cela met une pression à la hausse sur les prix des logements. Surprenant donc que la Banque Nationale le propose. Les banques belges ne conservent d'ailleurs toujours pas de grands coussins de capitaux propres pour les risques qu'elles prennent. Et pas mal d'hypothèques sont relativement risquées. Ainsi, la pondération de risque d'un crédit logement pour une banque aux États-Unis est de 50%, en Belgique nous parlons de 15%.