"L'idée serait de taxer lourdement les résidences secondaires tout en exonérant les résidences patrimoniales, c'est-à-dire celles qui appartiennent aux Corses, en particulier dans leurs villages", a précisé le président de l'Assemblée de Corse, lors d'une conférence de presse organisée suite à la polémique provoquée par sa proposition fin août d'exproprier les acheteurs qui ne résidaient pas dans l'île de Beauté lors de leur acquisition.

"Les résidents permanents effectifs (5 ans de résidence continue) ainsi que les Corses de la diaspora seraient exonérés de la taxe. Cette notion de résidence à vocation fiscale existe déjà en droit français. L'exemple de Saint-Barthélémy (dans les Caraïbes françaises) est particulièrement significatif à cet égard", a développé M. Talamoni.

Appelant les élus corses à prendre "une position commune vis-à-vis de Paris sur ce sujet" de la flambée des prix de l'immobilier en Corse, M. Talamoni a répété qu'on pouvait "imaginer le statut de résident, mais aussi tout autre chose".

C'est sur la base de ce statut de résident, adopté par une délibération de l'Assemblée de Corse en 2014, avant même l'élection de la majorité nationaliste à la tête de l'Assemblée de Corse fin 2015, que le membre du mouvement indépendantiste Corsica Libera avait proposé d'exproprier les acheteurs non corses, le 30 août.

Selon cette délibération, inapplicable dans le cadre juridique français actuel, les achats immobilier sur l'île seraient réservés aux acheteurs pouvant justifier de "cinq ans de résidence à titre permanent", avec une dérogation pour "les Corses vivant à l'extérieur de l'île", prisée pour ses paysages sauvages et ses eaux cristallines.

A l'appui de ses propositions destinées à préserver l'accès à la propriété pour les Corses, M. Talamoni a évoqué jeudi le cas de d'un petit port où "un appartement de 70 m2 s'est vendu 860 000 euros": "Cela met l'accès à la propriété hors de portée pour les Corses", a-t-il accusé.

L'élu indépendantiste a également dénoncé la spéculation foncière qui serait à l'oeuvre dans l'île, en citant un rapport de l'agence de l'urbanisme selon lequel en 2017 il a été construit 1,18 m2 par habitant en Corse contre seulement 0,46 m2 en région parisienne.