Que ce soit JLL, Cushman & Wakefield ou CBRE, les grands courtiers immobiliers belges sont toujours restés étrangement à l'écart du segment résidentiel. Le fait le plus souvent d'une forme d'élitisme, histoire d'éviter la confusion d'image avec des agences immobilières qui n'ont pas toujours bonne réputation ou pour garder une ligne financière claire. Ils distillent donc habituellement leurs conseils avisés dans des secteurs tels que le bureau, le retail, l'hôtellerie ou encore la logistique. Un choix bien évidemment dicté aussi par les investisseurs, propriétaires et occupants qui font appel à leurs services et qui n'étaient jusqu'à présent pas nécessairement demandeurs de diversification.
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Que ce soit JLL, Cushman & Wakefield ou CBRE, les grands courtiers immobiliers belges sont toujours restés étrangement à l'écart du segment résidentiel. Le fait le plus souvent d'une forme d'élitisme, histoire d'éviter la confusion d'image avec des agences immobilières qui n'ont pas toujours bonne réputation ou pour garder une ligne financière claire. Ils distillent donc habituellement leurs conseils avisés dans des secteurs tels que le bureau, le retail, l'hôtellerie ou encore la logistique. Un choix bien évidemment dicté aussi par les investisseurs, propriétaires et occupants qui font appel à leurs services et qui n'étaient jusqu'à présent pas nécessairement demandeurs de diversification. Le marché a toutefois évolué. Le bureau n'a plus la cote. Les demandes des clients deviennent plus variées. CBRE Belgique a donc décidé de s'engouffrer dans la brèche et de désormais proposer son expertise dans le résidentiel. De quoi offrir une plateforme full circle, reprenant tous les produits d'investissement. " Nous ne faisons que suivre une tendance du marché, explique Maxime Kumpen, CEO de CBRE Belgique. Un million de mètres carrés de bureaux ont été reconvertis ces dernières années à Bruxelles. De plus en plus de développeurs et clients institutionnels se focalisent sur ce segment. Il nous est donc paru opportun d'offrir ce service et de proposer une offre globale aux investisseurs pour diversifier leur portefeuille. Soit du bureau, du retail, de la logistique et maintenant du résidentiel. Nous sommes le premier courtier belge à proposer cela. Nous avons aujourd'hui accumulé suffisamment de compétences pour être actifs dans ce créneau. " La mission de ce nouveau département baptisé residential investment properties est assez clair : proposer des appartements à l'unité, des immeubles à appartements ou encore des parties de blocs d'appartements pour des investissements inférieurs à 10 millions d'euros. Tout le monde est concerné donc, que ce soit celui qui vient de revendre sa société pour 5 millions d'euros ou un particulier qui a un pactole à faire fructifier. " Les investisseurs qui sont dans cette catégorie sont actuellement assez démunis, précise Sébastien Verstraete, recruté il y a six mois auprès de l'agence Victoire Properties pour diriger ce département. Les agences immobilières ne peuvent répondre à leurs attentes. Elles n'ont pas une vue suffisamment professionnelle du marché, avec un positionnement exclusivement local et très fragmenté. De notre côté, nous offrons à nos clients la possibilité d'investir dans des immeubles de rapport ou des immeubles neufs avec des blocs d'appartements (1 à 40 appartements). Le grand problème actuel pour les investisseurs est de trouver des projets où il n'y a pas encore eu de préventes. Avoir un immeuble dans son entièreté permet également d'avoir le contrôle total du bâtiment et donc ne pas se retrouver dans des copropriétés pas toujours facile. " De plus, ce procédé permet d'augmenter le rendement de l'investissement. " Le fait d'acheter l'immeuble en bloc peut par exemple faire grimper le rendement à 4 % alors que le rendement n'aurait été que de 2,5 à 3 % en cas d'achat à l'unité ", lance Sébastien Verstraete, qui précise qu'une quinzaine de deals sont déjà en voie de finalisation. Ajoutons que CBRE est en train de constituer une équipe dédiée au résidentiel. Une dizaine de collaborateurs seront engagés à court terme. L'objectif à moyen terme est que ce département soit aussi rentable que celui dédié au capital market. Par Xavier Attout.