The Mall of Europe est le volet commercial du projet Neo. Un dossier qui doit redessiner le plateau du Heysel par le biais d'un projet mixte de grande ampleur comprenant une partie résidentielle, une section commerciale et un espace réservé aux loisirs. Interview avec le Français Michel Dessolain, directeur du projet pour Unibail-Rodamco, rencontré il y a peu au Mapic, le salon international de l'immobilier commercial à Cannes.

TRENDS-TENDANCES. Où en est le dossier Mall of Europe ?

MICHEL DESSOLAIN. Il progresse. Depuis 2014, année où nous avons emporté avec Besix et CFE la procédure de dialogue compétitif mise en place par la Ville de Bruxelles, nous avons effectué un important travail sur le plan administratif. Le projet a été considérablement modifié suite à l'étude d'incidences. Nous espérons obtenir le permis d'urbanisme fin 2018, début 2019. De manière à envisager une ouverture en automne 2021 voire début 2022. Pour le reste, il existe toujours un recours contre le Pras (Plan régional d'affectation du sol). Mais ce n'est pas nous qui gérons ce volet. Et nous sommes relativement serein par rapport à cette situation.

Plus question de faire marche arrière donc...

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Non, le projet sortira de terre. C'est certain. Nous sommes patients et le serons encore. Qu'il sorte en 2021, 2022 ou 2023, cela ne change rien. Unibail-Rodamco dispose de ressources financières solides pour gérer ce type de contretemps (l'investissement total s'élève à 500 millions et grimpe à 800 millions si on ajoute la part de Besix et CFE, Ndlr).

Commencerez-vous les travaux par la partie résidentielle ou commerciale ?

Le projet comprendra 210.000 m2, dont un tiers d'appartements (590), de commerces et de loisirs. Nous débuterons par le volet commercial. Précisons qu'un nouveau bâtiment de 4.000 m2 de bureaux vient d'être ajouté au programme. Il sera construit le long de l'avenue Houba de Strooper, à hauteur de la station de métro Roi Baudouin. Il accueillera des fédérations sportives aux étages et un espace de coworking au rez-de-chaussée.

Quand débutera la commercialisation des enseignes du Mall of Europe ?

Pas avant fin 2019. Nous avons le temps. Contrairement aux autres développeurs de centres commerciaux, Unibail-Rodamco n'a pas besoin d'un préfinancement, vu la hauteur de nos fonds propres. Nous pouvons donc attendre jusqu'au dernier moment avant de signer des contrats avec des enseignes, de manière à être, dans deux ou trois ans, au plus près des dernières tendances. Une chose est sûre : il y aura des enseignes qui ne sont pas encore implantées en Belgique. Et nous ne passerons pas par des agents tels quel Cushman & Wakefield ou CBRE pour la commercialisation des espaces. Nous gérerons cela en interne.

Avec Docks, The Mint et City 2, l'offre commerciale se redessine dans le centre-ville et aux alentours. Cela suscite-t-il certaines craintes chez vous ?

Non, aucune. Il ne faut pas opposer Neo et les commerces du centre-ville, cela n'a pas de sens. Bruxelles n'a pas aujourd'hui une densité commerciale suffisante. L'évasion commerciale est énorme. Nous allons par exemple nous différencier en développant une dining experience, avec une partie food qui occupera 11 à 12 %, et qui pourrait grimper à 15 ou 20 % en fonction de la demande.

Et Uplace à Machelen ?

Les enseignes feront leur choix. Nous n'avons jamais été contre Uplace. Nous avons toujours envisagé l'érection des deux projets.

Avez-vous encore d'autres ambitions en Belgique ?

Unibail-Rodamco n'investit que dans des villes. Et en Belgique, il n'y en a que deux qui ont une taille critique suffisante : Bruxelles et Anvers. Nous sommes intéressés par cette dernière. L'idée ne sera toutefois pas de construire un nouveau centre commercial car les procédures sont compliquées et qu'il est difficile de trouver un nouvel emplacement, mais bien d'en racheter un, de le rénover, de l'agrandir et de revoir son offre globale (avec des loisirs, du résidentiel, de l'horeca, etc.). Il s'agit d'une perspective à moyen terme.