A 23 ans, il a eu la force de refuser une offre de rachat à 3 milliards de dollars par Facebook. Ceux qui ne présageaient pas d'avenir pour le réseau social de messages éphémères − détruits après maximum 10 secondes − y ont vu un acte de folie. Pourtant, Evan Speigel peut aujourd'hui se dire qu'il a eu raison, en 2013, d'envoyer Mark Zuckerberg sur les roses.
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A 23 ans, il a eu la force de refuser une offre de rachat à 3 milliards de dollars par Facebook. Ceux qui ne présageaient pas d'avenir pour le réseau social de messages éphémères − détruits après maximum 10 secondes − y ont vu un acte de folie. Pourtant, Evan Speigel peut aujourd'hui se dire qu'il a eu raison, en 2013, d'envoyer Mark Zuckerberg sur les roses. Snapchat, l'application qu'il a lancée et qu'il dirige aujourd'hui aurait, selon le Wall Street Journal, bouclé récemment une nouvelle levée de fonds à 200 millions de dollars. Il semble en effet que l'appli continue d'exciter les investisseurs qui se pressent pour prendre leur place au sein de son actionnariat. Depuis un an, Snapchat a laissé entrer une foule de grands noms des venture capitalists, dont Sequoia Capital ou Spark Capital, deux fonds que l'on retrouve derrière les plus grandes entreprises de la Silicon Valley et qui n'ont pas pour habitude d'entrer dans des start-up déjà si lourdement valorisées. En un an, Snapchat aurait récolté pas moins de 1,8 milliard de dollars d'argent frais, ce qui porte à 3 milliards le montant d'argent levé par l'application. Cela valorise Snapchat entre 18 et 20 milliards de dollars. Rien que cela. Soit près de deux fois la capitalisation boursière de Proximus (9,9 milliards d'euros) et presque quatre fois celle de bpost (4,7 milliards d'euros) ! Une valorisation fortement repartie à la hausse alors que le fonds Fidelity avait déprécié, l'an passé, son investissement dans Snapchat faisant chuter sa valorisation de 16 à 12 milliards de dollars. Celle-ci a retrouvé de nouveaux sommets tout dernièrement. Etonnant pour deux raisons. D'abord, craignant une bulle, les investisseurs se montrent généralement plus prudents depuis quelques mois lorsqu'il s'agit d'investir dans des start-up avec peu de revenus, y compris aux Etats-Unis. Ensuite, parce que la jeune pousse des réseaux sociaux n'en est encore et toujours qu'à l'heure des promesses aux investisseurs. Son chiffre d'affaires attendu pour 2016 ne dépasserait pas les 300 millions, d'après les estimations de Snapchat elle-même. En 2015, l'application n'a engrangé que 60 millions de dollars de revenus. Quant aux utilisateurs actifs, ils seraient à peine plus de 100 millions, d'après des chiffres de TechCrunch. Pas de quoi rivaliser avec Facebook (1,6 milliard), Instagram (400 millions) ou Twitter (300 millions). Reste que les promesses de Snapchat sont belles : 60 % des jeunes américains entre 13 et 34 ans (la cible la plus prisée chez les annonceurs) utiliseraient l'application et plus de 10 milliards de vidéos seraient visionnées chaque jour sur la plateforme. Des chiffres qui donnent le tournis. Mais plus encore, c'est sa croissance qui continue d'attirer les investisseurs. Son chiffre d'affaires, on le voit, pourrait bien être multiplié par quatre ou cinq en un an. Surtout que des 60 millions de revenus en 2015, 50 ont été générés rien qu'au deuxième semestre, quand l'appli a vraiment commencé à monétiser son application. C'est que Snapchat offre aux marques un outil publicitaire de choix pour toucher les jeunes, de plus en plus accros à cette appli. Son argument ? De la pub mobile, toujours en plein écran et toujours avec du son, à l'inverse de ses concurrents Facebook et YouTube à qui la start-up se compare. Du coup, la prévision de chiffre d'affaires pour 2017 atteint le milliard de dollars. Bref, une progression fulgurante qui attise visiblement toutes les convoitises, tous les investisseurs voulant avoir leur ticket dans cette star montante qui commence aussi à être largement utilisée en dehors des Etats-Unis. Cela reste, pour les investisseurs, un sérieux pari car Snapchat a encore tout à prouver.