A intervalles réguliers, les " collectifs " de coursiers de livraison de repas à domicile font parler d'eux, un peu partout en Europe. Du Royaume-Uni à la France en passant par la Belgique, des groupes de coursiers à vélo des entreprises du numérique comme Deliveroo et UberEats mènent des actions ponctuelles. Des " grèves " pour protester contre leurs conditions de travail. Et ils sont soutenus, dans leurs démarches, par quelques syndicats, comme la CNE (Centrale nationale des employés), qui tentent de s'emparer du dossier.
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A intervalles réguliers, les " collectifs " de coursiers de livraison de repas à domicile font parler d'eux, un peu partout en Europe. Du Royaume-Uni à la France en passant par la Belgique, des groupes de coursiers à vélo des entreprises du numérique comme Deliveroo et UberEats mènent des actions ponctuelles. Des " grèves " pour protester contre leurs conditions de travail. Et ils sont soutenus, dans leurs démarches, par quelques syndicats, comme la CNE (Centrale nationale des employés), qui tentent de s'emparer du dossier. C'est que le statut des livreurs continue de faire débat : ces jeunes ne sont jamais des salariés, mais bien des étudiants ou des indépendants, payés à la course. Un modèle vanté par les plateformes web qui y trouvent la plus grande flexibilité, pour elles comme pour leurs livreurs. Ces derniers peuvent se connecter quand ils souhaitent travailler et se déconnecter à loisir, en fonction de leurs envies et de leurs occupations. En échange de cette flexibilité, les coursiers sont rémunérés par course (un peu plus de 5 euros), en fonction de la distance parcourue. En fin de semaine passée, les coursiers étaient soutenus par l'Alter Summit, un réseau européen de syndicats, organisations et mouvements sociaux progressistes, qui organisait une rencontre à Bruxelles et qui a mis à disposition des coursiers son infrastructure et son organisation. Résultat : sur une centaine de personnes réunies, 60 étaient des coursiers, représentant 13 pays européens. " On se rend compte que cette problématique de la livraison est très internationale, réagit Sébastian Franco, coordinateur de l'Alter Summit. Les livreurs se parlent déjà entre eux, mais il est important d'aider ce genre de rencontre car cela permet de mettre en place une réponse coordonnée face à une évolution internationale. " Les doléances ? Le statut des coursiers (doivent-ils être salariés ? indépendants ?), le niveau de rémunération, de protection, etc. Au moment d'écrire ces lignes, l'Alter Summit était encore en cours et les décisions éventuellement prises par les coursiers n'avait pas été communiquées. Du côté de Deliveroo, l'une des plateformes incriminées par les collectifs de bikers aux côtés d'UberEats, Foodora, Just Eat, etc., on soutient que " le modèle actuel n'a rien de figé ". " On ne demande qu'à le faire évoluer mais la réalité, c'est aussi que les livreurs demandent de la flexibilité : ils veulent pouvoir rouler quand ils le veulent et le temps qu'ils veulent, précise Mathieu de Lophem, general manager de Deliveroo Benelux. On le voit dans toutes nos études et nos discussions avec eux. A l'heure actuelle, le modèle que l'on propose est le meilleur possible, dans le cadre législatif existant. " Et de souligner que les coursiers se bousculent pour livrer via Deliveroo : pas moins de 200 livreurs se seraient ajoutés aux 2.600 actifs sur les trois dernières semaines en Belgique. La majorité d'entre eux sont étudiants, bien sûr. Reste que le modèle continue de susciter de nombreuses questions et que, comme en Belgique, certaines enquêtes sont en cours. Le ministre de l'Emploi Kris Peeters a, en effet, chargé l'Auditorat du travail d'enquêter sur le sujet...