A l'inverse du Canada ou de la France qui redoublent d'initiatives concrètes pour devenir des lieux qui comptent en matière d'intelligence artificielle (IA), la Belgique n'a, à ce stade, pris aucune mesure en la matière. Ni grand plan, ni programmes pour attirer chercheurs et départements de R&D des géants du Net. Pourtant, les études le démontrent toutes : l'impact de cette nouvelle technologie sur l'avenir des jobs sera gigantesque. Disparition d'anciennes professions et création de nouvelles, amélioration de la productivité des entreprises, amélioration des services publics, etc.
...

A l'inverse du Canada ou de la France qui redoublent d'initiatives concrètes pour devenir des lieux qui comptent en matière d'intelligence artificielle (IA), la Belgique n'a, à ce stade, pris aucune mesure en la matière. Ni grand plan, ni programmes pour attirer chercheurs et départements de R&D des géants du Net. Pourtant, les études le démontrent toutes : l'impact de cette nouvelle technologie sur l'avenir des jobs sera gigantesque. Disparition d'anciennes professions et création de nouvelles, amélioration de la productivité des entreprises, amélioration des services publics, etc. Et si, officiellement, la thématique n'a pas encore été vraiment prise en main par notre gouvernement, quelques initiatives émergent. Ainsi, le groupe Ecolo-Groen de la Chambre a mis en place depuis de nombreux mois un groupe de travail baptisé " Agenda numérique ", menant des auditions pour comprendre les enjeux du digital (en ce compris l'IA) et en tirer des recommandations. Plusieurs partis ont également missionné certains de leurs membres pour analyser le sujet de l'intelligence artificielle. Et depuis deux mois, le ministre Alexander De Croo s'est également saisi de la thématique, conscient de l'impact de l'IA sur la compétitivité de nos entreprises et l'emploi. Il a ainsi lancé l'initiative " Coalition AI for Belgium ". Il s'agit, concrètement, d'un groupe d'une trentaine d'experts indépendants réunissant des personnalités du monde académique, des entreprises traditionnelles, des start-up, des géants de la tech et des services publics. Son objectif ? " Mettre ce sujet à l'agenda politique, à l'agenda des entreprises et même des citoyens, détaille Joseph Fattouch, conseiller du ministre sur les dossiers numériques. Et bien sûr, proposer un certain nombre de recommandations sur les actions à prendre tant par le gouvernement que par les entreprises. " Quatre grands angles d'attaque sont déclinés : l'évolution des compétences des travailleurs face à l'IA, l'accessibilité de la technologie IA pour nos entreprises, l'amélioration des services publics et faire du pays un acteur important dans le secteur de l'intelligence artificielle. " Vu la taille de la Belgique, l'objectif premier consiste à être prêts à relever les challenges de l'IA et être précurseurs sur certains sujets ", enchaîne le conseiller d'Alexander De Croo. Cette " coalition ", qui doit se réunir une fois par mois, se veut indépendante du ministre lui-même et devrait pouvoir se prolonger malgré les changements politiques et de gouvernement. L'objectif n'étant pas d'imposer une vision et des recommandations top-down, cette coalition se dit très ouverte. Voilà pourquoi elle devait présenter, ce mercredi, ses premières pistes auprès de l'écosystème belge de l'IA lors de la soirée organisée par l'association Brussels AI qui réunit, à intervalles réguliers, les experts et passionnés du secteur. L'objectif de Coalition AI for Belgium consiste à pouvoir proposer des recommandations d'ici début 2019.