Dans les locaux de Molengeek, l'homme est charmant, prend le temps de discuter avec les jeunes, pose des questions et s'intéresse à l'écosystème développé au coeur de Molenbeek pour booster les compétences digitales et l'esprit d'entreprendre. On peine presque à y croire : Sundar Pichai, le grand patron d'une des entreprises tech les plus puissantes de la planète est bien à Molengeek, une des initiatives caritativement soutenues par le géant du Web et pour laquelle Google réitère son soutien avec un chèque de 200.000 euros pour développer des formations sur l'IA et l'analyse de données, notamment. Une aubaine pour le campus de Molenbeek qui n'a (étonnement) pas obtenu, cette année, les quelques 300.000 euros de subsides du Digital Skills Fund (le fonds fédéral belge).

Reste que la visite de Sundar Pichai à Molengeek a de quoi surprendre. "Tout s'est fait en dernière minute, glisse Ibrahim Ouassari, le fondateur de Molengeek. Nous avons appris la semaine passée qu'il viendrait chez nous." Peu de conditions imposées aux responsables de l'espace digital à Molenbeek. Sauf... l'absence de journalistes. Seuls seront acceptés (après avoir été triés sur le volet), un représentant de l'agence de presse Belga et un journaliste de la VRT. Il restera une petite heure au sein du bâtiment Molengeek...

Une communication savamment préparée

Le départ du patron de Google du QG de Molengeek déclenchait alors une série de communications savamment orchestrées. Directement, la presse toute entière recevait un Wetransfer avec les photos et un communiqué de presse de cette visite afin qu'ils répercutent l'info, de manière très formatée. Au même moment, le compte Twitter officiel de Sundar Pichai partageait un message de soutien et de félicitations à l'écosystème Molengeek. Une belle opportunité pour Molengeek "et une validation de tout le programme que l'on a mis en place" se réjouit Ibrahim Ouassari dont le projet, lancé en 2015, accueille quotidiennement 300 personnes et a formé, l'an passé, pas moins de 200 personnes à des cycles longs dans le digital.

L'homme n'était évidemment pas à Bruxelles juste pour apporter 200.000 euros (soit 0,0028 % de son bénéfice rien qu'au troisième trimestre 2019). Après Molengeek, il s'est adressé à un parterre de personnalités européennes au sien du Think Tank Bruegel, un organe pro-européen. Un speech suivi d'un petit entretien en public. "Les sociétés ne peuvent pas développer de nouvelles technologies sans prendre la responsabilité de leur impact" a-t-il notamment asséné. Et de plaider pour que "l'intelligence artificielle soit régulée". Car, selon lui, "les gouvernements ont un rôle important à jouer".

Et alors qu'il s'adressait au public du Breughel, le prestigieux FT publiait une carte blanche du patron d'Alphabet/Google dans laquelle il explique aussi pourquoi il faut encadrer les développements de l'IA. Et où il se pose en partenaire privilégié des régulateurs pour les aider à légiférer sur ces questions...

Car, au final, sa furtive présence bruxelloise (moins de 24h) avait surtout trait à une réunion secrète à la Commission européenne avec Frans Timmermans, chargé de l'Environnement et Margrethe Vestager, en charge de l'Economie numérique et de la Concurrence. Il faut dire que le 19 février prochain, la Commission européenne devra faire ses premières propositions pour une régulation de l'intelligence artificielle. L'occasion semblait trop belle pour commencer son lobbying, a l'heure où le big boss du moteur de recherche le plus puissant du monde se rendait à Davos pour le World Economic Forum...

Dans les locaux de Molengeek, l'homme est charmant, prend le temps de discuter avec les jeunes, pose des questions et s'intéresse à l'écosystème développé au coeur de Molenbeek pour booster les compétences digitales et l'esprit d'entreprendre. On peine presque à y croire : Sundar Pichai, le grand patron d'une des entreprises tech les plus puissantes de la planète est bien à Molengeek, une des initiatives caritativement soutenues par le géant du Web et pour laquelle Google réitère son soutien avec un chèque de 200.000 euros pour développer des formations sur l'IA et l'analyse de données, notamment. Une aubaine pour le campus de Molenbeek qui n'a (étonnement) pas obtenu, cette année, les quelques 300.000 euros de subsides du Digital Skills Fund (le fonds fédéral belge). Reste que la visite de Sundar Pichai à Molengeek a de quoi surprendre. "Tout s'est fait en dernière minute, glisse Ibrahim Ouassari, le fondateur de Molengeek. Nous avons appris la semaine passée qu'il viendrait chez nous." Peu de conditions imposées aux responsables de l'espace digital à Molenbeek. Sauf... l'absence de journalistes. Seuls seront acceptés (après avoir été triés sur le volet), un représentant de l'agence de presse Belga et un journaliste de la VRT. Il restera une petite heure au sein du bâtiment Molengeek... Le départ du patron de Google du QG de Molengeek déclenchait alors une série de communications savamment orchestrées. Directement, la presse toute entière recevait un Wetransfer avec les photos et un communiqué de presse de cette visite afin qu'ils répercutent l'info, de manière très formatée. Au même moment, le compte Twitter officiel de Sundar Pichai partageait un message de soutien et de félicitations à l'écosystème Molengeek. Une belle opportunité pour Molengeek "et une validation de tout le programme que l'on a mis en place" se réjouit Ibrahim Ouassari dont le projet, lancé en 2015, accueille quotidiennement 300 personnes et a formé, l'an passé, pas moins de 200 personnes à des cycles longs dans le digital.L'homme n'était évidemment pas à Bruxelles juste pour apporter 200.000 euros (soit 0,0028 % de son bénéfice rien qu'au troisième trimestre 2019). Après Molengeek, il s'est adressé à un parterre de personnalités européennes au sien du Think Tank Bruegel, un organe pro-européen. Un speech suivi d'un petit entretien en public. "Les sociétés ne peuvent pas développer de nouvelles technologies sans prendre la responsabilité de leur impact" a-t-il notamment asséné. Et de plaider pour que "l'intelligence artificielle soit régulée". Car, selon lui, "les gouvernements ont un rôle important à jouer". Et alors qu'il s'adressait au public du Breughel, le prestigieux FT publiait une carte blanche du patron d'Alphabet/Google dans laquelle il explique aussi pourquoi il faut encadrer les développements de l'IA. Et où il se pose en partenaire privilégié des régulateurs pour les aider à légiférer sur ces questions... Car, au final, sa furtive présence bruxelloise (moins de 24h) avait surtout trait à une réunion secrète à la Commission européenne avec Frans Timmermans, chargé de l'Environnement et Margrethe Vestager, en charge de l'Economie numérique et de la Concurrence. Il faut dire que le 19 février prochain, la Commission européenne devra faire ses premières propositions pour une régulation de l'intelligence artificielle. L'occasion semblait trop belle pour commencer son lobbying, a l'heure où le big boss du moteur de recherche le plus puissant du monde se rendait à Davos pour le World Economic Forum...