L'entreprise la plus successful du monde, moins bien valorisée que le roi de la recherche online ? Et la victoire d'Alphabet (lisez en réalité Google, puisqu'Alphabet n'est autre que la holding derrière Google) sur son grand rival, Apple, en terme de valorisation d'entreprise ? L'info est à peine tombée que, déjà, les blogs et médias du monde entier spéculent sur la "déchéance" du fabricant de l'iPhone, son "essoufflement" et sa "perte de vitesse".
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L'entreprise la plus successful du monde, moins bien valorisée que le roi de la recherche online ? Et la victoire d'Alphabet (lisez en réalité Google, puisqu'Alphabet n'est autre que la holding derrière Google) sur son grand rival, Apple, en terme de valorisation d'entreprise ? L'info est à peine tombée que, déjà, les blogs et médias du monde entier spéculent sur la "déchéance" du fabricant de l'iPhone, son "essoufflement" et sa "perte de vitesse". Il est vrai que les stars d'hier sont rarement celles d'aujourd'hui et que celles d'aujourd'hui ne seront probablement pas celles de demain. Surtout dans le domaine de la technologie où l'innovation est reine et où les plus agiles prennent souvent pied où on ne les attend pas. Apple a déjà vécu plusieurs fois un tel scénario. Par exemple en 2012 lorsque son rival coréen Samsung s'était hissé à la première place des ventes de smartphones (en volumes). A ce moment-là, Samsung dépassait Apple que certains observateurs voyaient déjà "affaibli" sur le marché hyper porteur du téléphone intelligent. C'était évidemment sans compter sur ce qui intéressait réellement Apple : la valeur des appareils. Car, même en étant N°1 mondial des smartphones, le Coréen s'est heurté à l'hyper rentabilité de son rival. Bien au-delà des volumes, la marque à la pomme a toujours privilégié la marge. Préférant sacrifier ses parts de marché au profit de ses bénéfices, Apple n'a jamais sombré dans le low cost, contrairement à toutes les autres marques, Samsung en tête. Résultat : en 2015, encore, Apple captait 93% des bénéfices du secteur ! Rien que cela.Et quand aujourd'hui, on épingle la valorisation en baisse d'Apple, on occulte encore une donnée importante: l'énorme bénéfice de la marque à la pomme. Voici tout juste un an, le monde entier plaçait la firme de Tim Cook sur un piédestal pour son trimestre record. Au premier trimestre de 2015, en effet, elle annonçait un chiffre d'affaires trimestriel de 74,6 milliards de dollars et un bénéfice, sur le même trimestre, de 18 milliards de dollars ! Un record absolu. Un an plus tard, Apple récidive et... fait même mieux. Son bénéfice grimpe à 18,4 milliards de dollars, soit... 400 millions de mieux qu'il y a un an. Pas franchement de quoi rougir ou provoquer un plan de redressement. Loin de là !Malgré tout, les investisseurs sanctionnent la firme en raison d'une croissance jugée trop faible. Apple n'aurait pas vendu tellement plus d'iPhone lors du dernier trimestre qu'un an auparavant. Moins de 1% de croissance. Pas assez pour les financiers qui aiment les croissances à deux chiffres pour s'assurer les meilleures plus-values possible. Et cela fait quelques mois déjà que les investisseurs se montrent dubitatifs : entre janvier 2015 où Apple valait 690 milliards de dollars en Bourse, et aujourd'hui, sa valorisation a fondu de 156 milliards. Ce qui est sûr, c'est que, non contente de séduire les consommateurs, Apple devra à nouveau convaincre les investisseurs dans les semaines et mois à venir. Non pas de son succès commercial, mais de ses perspectives de croissance. Dans les smartphones ou sur un nouveau créneau porteur (les montres connectées ne semblant toutefois pas encore jouer ce rôle). Eh oui : sur les marchés, même un mastodonte mondial hyper rentable doit afficher l'allure d'une gazelle en pleine forme. Bienvenue en Bourse...