Les profs de secondaire n'auraient sans doute pas parié sur Mathis André, lui qui a arrêté son parcours scolaire en quatrième. Pourtant, les entrepreneurs Jean-Guillaume Zurstrassen et Harold Mechelynck (Belcube), Davy Kestens (de la start-up SparkCentral) ou Pierre Rion, via le fonds d'investissement WING, croient dans ce jeune entrepreneur de 18 ans qui a cofondé la start-up Faqbot l'année dernière. La jeune pousse située à Mons vient de lever 315.000 euros. " Bien au-delà du projet qui ne manque pas de pertinence, c'est aussi le profil du jeune entrepreneur qui nous a séduit, admet Jean-Pol Boone, membre du comité d'investissement du WING. A 18 ans, il est déjà très sûr de lui, a une bonne vision de ce qu'il fait et est parvenu à parfaitement s'entourer. "
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Les profs de secondaire n'auraient sans doute pas parié sur Mathis André, lui qui a arrêté son parcours scolaire en quatrième. Pourtant, les entrepreneurs Jean-Guillaume Zurstrassen et Harold Mechelynck (Belcube), Davy Kestens (de la start-up SparkCentral) ou Pierre Rion, via le fonds d'investissement WING, croient dans ce jeune entrepreneur de 18 ans qui a cofondé la start-up Faqbot l'année dernière. La jeune pousse située à Mons vient de lever 315.000 euros. " Bien au-delà du projet qui ne manque pas de pertinence, c'est aussi le profil du jeune entrepreneur qui nous a séduit, admet Jean-Pol Boone, membre du comité d'investissement du WING. A 18 ans, il est déjà très sûr de lui, a une bonne vision de ce qu'il fait et est parvenu à parfaitement s'entourer. " Cela pourrait ressembler à un beau storytelling d'une de ces jeunes boîtes de la Silicon Valley. C'est pourtant bien réel. Mathis est passionné par les nouvelles technologies depuis longtemps. S'il lâche son parcours scolaire relativement tôt et passe donc à côté de la case " étude sup ", il ne se croise pas les pouces et ne gaspille pas son temps à jouer à Candy Crush sur son smartphone. Non, l'ado manipule le code et les technologies pour développer des projets. Pour s'amuser, il crée un système destiné à concevoir des sites web uniquement avec la voix. Un " gadget " qui lui permet de se faire remarquer. Il collabore alors avec la firme Resto.be dans le cadre de la création d'un premier bot destiné à aider les surfeurs dans la réservation de tables. Cela le pousse à aller plus loin et il veut développer son propre projet. Son constat ? Les sections FAQ (pour frequent asked questions) des sites de nos entreprises sont mal faites, trop longues, pas adaptées. Du coup, beaucoup de surfeurs dégainent leur téléphone pour appeler... ou vont voir ailleurs. Son idée ? " Mettre sur leur site un robot qui répond aux questions que se posent les internautes ", détaille Mathis André. La mode est en effet aux bots, ces algorithmes plus ou moins intelligents qui fleurissent sur les sites ou les applis, comme sur la messagerie de Facebook notamment. Grâce à la technologie du natural language processing et du machine learning, il est en effet possible de faire interagir un humain et un " robot ". En février 2017, le jeune homme crée sa SPRL Starter avec 1 euro de capital, en collaboration avec Denny Wong, un associé plus âgé qu'il convainc de le rejoindre dans l'aventure. En quelques mois, ils réalisent un premier prototype de Faqbot qu'ils s'aventurent à mettre à l'épreuve. Sans surprise, Mathis adopte les codes des millennials. Communiquant aussi aisément par Messenger que par mail, le jeune homme n'a pas peur de demander l'avis sur son ébauche et partage son algorithme sur la plateforme ProductHunt qui permet aux geeks de tester et échanger leurs avis. Faqbot attire pas moins de 250 testeurs. " Cela nous a permis de voir que le produit plaisait vraiment aux utilisateurs mais que très peu payaient spontanément ", observe Mathis André.Il décide alors de démarcher quelques entreprises belges pour leur proposer son concept. Et parvient à en séduire l'une ou l'autre. Des petits contrats qui le rassurent et lui permettent d'aller lever un peu d'argent pour continuer à développer son idée. Il trouve 125.000 euros (85.000 en capital et 40.000 en prêt convertible). " Avant d'investir, nous l'avons challengé et testé à plusieurs reprises, se souvient Jean-Guillaume Zurstrassen, investisseur de la première heure. On lui suggérait telle ou telle chose et il revenait rapidement avec des bonnes idées, et cela de manière assez pro. Il délivrait bien et nous a donc convaincus. " Son jeune âge n'est pas un frein, d'autant que de l'avis de plusieurs investisseurs, Mathis se montre assez mature et sa vision est claire. Par ailleurs son associé Denny est plus âgé et les deux hommes se complètent bien. Cette première levée de fonds permet à Faqbot de développer une " V2 " (deuxième version du bot) avec laquelle la start-up décroche d'autres contrats. Notamment celui avec le site Immotransit où 750 agences peuvent utiliser le bot de la jeune start-up montoise. Il pose des questions aux internautes, collecte les infos et les envoie aux agences auxquelles il amène des leads. " Aujourd'hui, cela reste petit mais il y a des clients payants et déjà des revenus récurrents ", observe Jean-Guillaume Zurstrassen. Le modèle de Faqbot consiste en la vente d'abonnements aux entreprises. Cela va de 50 euros à 500 euros : le montant varie en fonction du nombre d'utilisateurs uniques qui parlent avec le bot. " Nous ne sommes pas encore totalement concentrés sur l'élaboration des prix car notre but est d'avoir des clients et qu'ils utilisent notre solution ", précise toutefois Mathis André. Aujourd'hui, Faqbot affiche des clients comme Bank of Ireland ou la start-up belge Xpenditure. Mais elle passe encore pas mal de temps à rencontrer les clients, à expliquer comment cela fonctionne voire à assurer l'installation du logiciel. Mais le duo à la tête de Faqbot sait où il veut aller : le saas ( software as a service) 100 % online. C'est-à-dire proposer sa solution en ligne à des clients qui s'abonnent via le Web et paient un abonnement. " A ce jour, les entreprises viennent vers nous, on fixe des rendez-vous, on leur explique comment cela fonctionne, analyse Mathis André, mais nous voulons développer une offre simple où tout se passe en ligne. Une solution do-it-yourself, car on ne veut absolument pas être une agence. En quelques mois, nous sommes parvenus à signer une trentaine de clients offline. A présent, nous avisons 300 clients online. Notre prochaine version facilitera l'inscription en ligne, depuis n'importe où. " Et le jeune entrepreneur de s'enthousiasmer qu'un médecin de San Francisco ait ouvert un compte Faqbot et installé le module sur son site web. Sa stratégie software as a service, Faqbot veut la supporter financièrement avec la nouvelle levée de fonds de 315.000 euros auprès du WING et d'une série de business angels de renom. Par ailleurs, cet apport d'argent frais doit permettre à Mathis André et son équipe d'aller plus loin technologiquement. Aujourd'hui, les bots travaillent de manière assez scriptée, c'est-à-dire prédéfinie, sur base des contenus des FAQ. Pour cela, comme pas mal de start-up du créneau, Faqbot utilise des modules d'IA mis au point par des géants du Net. IBM Watson selon nos informations. Mais à terme, " le défi sera d'être capable de développer sa propre technologie derrière un bon outil adapté à sa cible, consent Jean-Guillaume Zurstrassen. Et je pense que Mathis est tout à fait capable de lancer une solution valable en IA ". L'objectif de la start-up qui compte aujourd'hui déjà quatre personnes (Faqbot a recruté un développeur et un spécialiste du marketing online) n'est pas de concurrencer Google ou IBM sur le créneau très populaire de l'IA. Mais de s'engouffrer dans la niche d'une IA qui soit parfaitement adaptée à la catégorie des FAQ.