La loi américaine Cloud Act notamment, votée en 2018, oblige en effet dans certains cas les fournisseurs de service cloud américains à communiquer les données qu'ils abritent aux autorités américaines, même si ces données sont hébergées hors des Etats-Unis.

Concrètement, les deux groupes français vont créer une société conjointe, "Bleu", qui proposera à ses clients, et en particulier à l'Etat et aux services publics, les solutions de cloud de Microsoft (la suite de travail collaboratif Office 365, ou la plateforme Azure), mais à partir de ses propres infrastructures.

Les centres de données de Bleu seront "basés en France", et "séparés de manière stricte des centres de données internationaux de Microsoft". Ils bénéficieront d'une totale "autonomie opérationnelle", selon un communiqué commun.

Bleu vise pour ses services l'obtention du label "cloud de confiance", annoncé le 17 mai par le gouvernement pour caractériser les services cloud qui présentent des standards techniques élevés et sont exploités en Europe, par des acteurs européens.

Détenue majoritairement par Capgemini et Orange, sans participation au capital de Microsoft, Bleu bénéficiera d'une "immunité" par rapport à la législation américaine.

La société aura "l'indépendance économique" par rapport à Microsoft, et aura ses propres ingénieurs et techniciens qui travailleront "en autonomie totale" par rapport au géant américain, a affirmé à l'AFP Aiman Ezzat, le directeur général de Capgemini, lors d'un entretien conjoint avec le PDG d'Orange Stéphane Richard, et Jean-Philippe Courtois, vice-président de Microsoft.

"Microsoft sera un partenaire technologique" de Bleu, mais "pas capitalistique", a dit de son côté Stéphane Richard.

- Un accord "totalement unique" -

Bleu visera notamment la clientèle de l'Etat, des services publics français, mais aussi des opérateurs d'importance vitale, ces grandes entreprises considérées comme fondamentales pour la sécurité nationale, comme les grands réseaux d'infrastructures (énergie, transports, télécommunications...) ou financiers (OIV, opérateurs d'importance vitale).

Ces clients pourront ainsi bénéficier des services cloud de Microsoft sans que leurs données ne tombent sous l'emprise de la législation américaine.

"Ce partenariat constitue un message fort à l'attention des acteurs internationaux: ils sont les bienvenus à conditions de respecter les valeurs qui sont les nôtres", a réagi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, dans un communiqué.

"J'invite la société Bleu à embarquer un maximum d'entreprises européennes, et notamment des start-up, dans ce partenariat", a appuyé le secrétaire d'Etat chargé de la transition numérique Cédric O.

L'Etat français veut aussi accélérer la transition vers le cloud, qu'il utilise encore très peu.

Le 17 mai, la ministre de la transformation et de la fonction publique Amélie de Montchalin avait annoncé que les administrations de l'Etat devraient désormais respecter le principe du "cloud au centre": le cloud est désormais "un pré-requis pour tout nouveau projet", pour "accélérer la transformation publique", avait-elle expliqué.

Selon Jean-Philippe Courtois, l'accord signé avec Microsoft est "totalement unique" dans le monde.

Tout juste peut-on trouver un lointain cousinage avec l'accord signé avec le Pentagone, qui prévoit également de faire fonctionner les outils cloud de Microsoft "dans un environnement isolé", a-t-il ajouté.

En Chine, Microsoft laisse également sa technologie cloud aux mains d'une société locale, dont il est toutefois co-actionnaire, a-t-il rappelé.

M. Courtois n'a pas voulu employer le mot "licence" pour qualifier la nature des futurs contrats entre Microsoft et Bleu, se bornant à évoquer un "accord économique" entre les deux entités.

Les dirigeants sont restés prudents sur le temps qu'il faudra pour que les centres de données de Bleu soient opérationnels et puissent commencer à proposer des services, Stéphane Richard évoquant tout juste un délai "évalué à 18 mois".

"On ne veut pas trop anticiper", il va falloir "finaliser le projet pour avoir le détail", a déclaré de son côté Aiman Ezzat.

La loi américaine Cloud Act notamment, votée en 2018, oblige en effet dans certains cas les fournisseurs de service cloud américains à communiquer les données qu'ils abritent aux autorités américaines, même si ces données sont hébergées hors des Etats-Unis.Concrètement, les deux groupes français vont créer une société conjointe, "Bleu", qui proposera à ses clients, et en particulier à l'Etat et aux services publics, les solutions de cloud de Microsoft (la suite de travail collaboratif Office 365, ou la plateforme Azure), mais à partir de ses propres infrastructures.Les centres de données de Bleu seront "basés en France", et "séparés de manière stricte des centres de données internationaux de Microsoft". Ils bénéficieront d'une totale "autonomie opérationnelle", selon un communiqué commun.Bleu vise pour ses services l'obtention du label "cloud de confiance", annoncé le 17 mai par le gouvernement pour caractériser les services cloud qui présentent des standards techniques élevés et sont exploités en Europe, par des acteurs européens.Détenue majoritairement par Capgemini et Orange, sans participation au capital de Microsoft, Bleu bénéficiera d'une "immunité" par rapport à la législation américaine. La société aura "l'indépendance économique" par rapport à Microsoft, et aura ses propres ingénieurs et techniciens qui travailleront "en autonomie totale" par rapport au géant américain, a affirmé à l'AFP Aiman Ezzat, le directeur général de Capgemini, lors d'un entretien conjoint avec le PDG d'Orange Stéphane Richard, et Jean-Philippe Courtois, vice-président de Microsoft."Microsoft sera un partenaire technologique" de Bleu, mais "pas capitalistique", a dit de son côté Stéphane Richard.- Un accord "totalement unique" -Bleu visera notamment la clientèle de l'Etat, des services publics français, mais aussi des opérateurs d'importance vitale, ces grandes entreprises considérées comme fondamentales pour la sécurité nationale, comme les grands réseaux d'infrastructures (énergie, transports, télécommunications...) ou financiers (OIV, opérateurs d'importance vitale).Ces clients pourront ainsi bénéficier des services cloud de Microsoft sans que leurs données ne tombent sous l'emprise de la législation américaine."Ce partenariat constitue un message fort à l'attention des acteurs internationaux: ils sont les bienvenus à conditions de respecter les valeurs qui sont les nôtres", a réagi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, dans un communiqué."J'invite la société Bleu à embarquer un maximum d'entreprises européennes, et notamment des start-up, dans ce partenariat", a appuyé le secrétaire d'Etat chargé de la transition numérique Cédric O.L'Etat français veut aussi accélérer la transition vers le cloud, qu'il utilise encore très peu.Le 17 mai, la ministre de la transformation et de la fonction publique Amélie de Montchalin avait annoncé que les administrations de l'Etat devraient désormais respecter le principe du "cloud au centre": le cloud est désormais "un pré-requis pour tout nouveau projet", pour "accélérer la transformation publique", avait-elle expliqué.Selon Jean-Philippe Courtois, l'accord signé avec Microsoft est "totalement unique" dans le monde.Tout juste peut-on trouver un lointain cousinage avec l'accord signé avec le Pentagone, qui prévoit également de faire fonctionner les outils cloud de Microsoft "dans un environnement isolé", a-t-il ajouté.En Chine, Microsoft laisse également sa technologie cloud aux mains d'une société locale, dont il est toutefois co-actionnaire, a-t-il rappelé.M. Courtois n'a pas voulu employer le mot "licence" pour qualifier la nature des futurs contrats entre Microsoft et Bleu, se bornant à évoquer un "accord économique" entre les deux entités.Les dirigeants sont restés prudents sur le temps qu'il faudra pour que les centres de données de Bleu soient opérationnels et puissent commencer à proposer des services, Stéphane Richard évoquant tout juste un délai "évalué à 18 mois". "On ne veut pas trop anticiper", il va falloir "finaliser le projet pour avoir le détail", a déclaré de son côté Aiman Ezzat.