Le comité de concertation, rassemblant Etat fédéral et entités fédérées, n'a pas réussi à se mettre d'accord sur le dossier de la 5G. Les enchères visant à attribuer les fréquences pour cette nouvelle technologie mobile ultra-rapide sont reportées à une date indéterminée, probablement après les élections.
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Le comité de concertation, rassemblant Etat fédéral et entités fédérées, n'a pas réussi à se mettre d'accord sur le dossier de la 5G. Les enchères visant à attribuer les fréquences pour cette nouvelle technologie mobile ultra-rapide sont reportées à une date indéterminée, probablement après les élections. Le ministre des Télécoms Philippe De Backer (Open Vld) a témoigné sur Twitter de sa " vive inquiétude ". " On bloque l'économie de notre pays, en mettant un frein aux nouveaux services et à l'innovation des start-up ", a-t-il ajouté. Pour la secrétaire d'Etat bruxelloise en charge du Numérique Bianca Debaets (CD&V), " il est scandaleux que l'on veuille hypothéquer l'évolution technologique de nos entreprises ". La fédération de l'industrie technologique a également dénoncé ce blocage : " Notre pays risque de rater le train international de l'innovation liée au haut débit ", estime Agoria. Les discussions politiques ont achoppé sur une question de gros sous : la clé de répartition du montant des enchères (un pactole estimé à environ 700 millions d'euros) est actuellement favorable au fédéral, qui en retire 80%. Les entités fédérées souhaitent voir leur part revalorisée. A cette problématique s'ajoute celle du quatrième opérateur mobile, que le ministre Alexander De Croo aimerait voir arriver en Belgique. Cette perspective, qui n'enthousiasme pas tous les partis, impose de réserver une partie des fréquences à ce nouvel entrant potentiel. Pour compliquer un peu le tout, les questions environnementales et de santé publique s'invitent dans le débat : la Région bruxelloise maintient ses normes d'émission très strictes, rendant plus complexe le déploiement de la 5G. Du côté des opérateurs mobiles, premiers concernés, on semble cependant moins s'inquiéter. Tant Proximus qu'Orange et Telenet poursuivent leurs tests techniques sur la 5G. Ils ne prévoient pas un lancement imminent de cette nouvelle technologie, qui nécessite un développement technique important : " La 5G est une révolution du réseau mobile, explique Micha Berger, CTO de Telenet. Nous devons réaliser des adaptations tant dans le coeur de notre réseau qu'au niveau de nos antennes. Il faut aussi que les appareils compatibles se généralisent sur le marché ( les premiers smartphones 5G font à peine leur apparition, Ndlr). La question des fréquences est importante. Mais d'ici aux enchères, nous avons encore beaucoup de boulot. Leur report n'est pas un désastre, cela ne retardera pas l'adoption de la 5G en Belgique. Nous ne serons pas à la traîne par rapport aux autres pays européens. " Telenet estime que ses premières offres incluant la 5G seront commercialisées en 2021.