Le quotidien Dagens Nyheter et la radio publique SR ont interrogé Liss-Olof Nenzell, qui a quitté Ericsson au début des années 2000, et qui affirme avoir transmis au régulateur boursier américain, la SEC, des documents prouvant ces transactions suspectes.

"Des sommes énormes partaient du siège en Suède via Zurich vers des destinataires secrets dans le monde entier", écrit Dagens Nyheter, se référant à M. Nenzell, qui était au coeur de ce système et en conservait la trace.

Le journal évoque 1,4 milliard de couronnes (140 millions d'euros aujourd'hui) vers des comptes bancaires en Malaisie ou 763 millions de couronnes (78 millions d'euros) vers la Pologne via Jersey, pour les flux les plus importants.

SR a enquêté plus spécifiquement sur l'argent destiné à des responsables politiques et des hauts fonctionnaires au Costa Rica, dont le président Miguel Angel Rodriguez, "à un moment où Ericsson était en compétition pour un grand contrat étatique dans les télécoms".

La radio affirme aussi avoir le témoignage de "plusieurs anciens cadres dirigeants d'Ericsson qui sous le couvert de l'anonymat ont raconté comment ils se sont rendus coupables de corruption active pour décrocher des contrats dans un grand nombre de pays".

Ericsson a toujours nié avoir monté un système de corruption, déjà évoqué au début des années 2010 dans les médias suédois.

En juin, le groupe avait révélé deux enquêtes le visant, l'une aux États-Unis, concernant selon la presse suédoise des abus de biens sociaux en Chine, l'autre en Grèce, pour corruption.

L'équipementier traverse une passe très difficile économiquement, avec une contraction de son chiffre d'affaires depuis le début de l'année, une perte au troisième trimestre, et des milliers de suppressions de postes.