Wim Lewi: "En fait pas. La société comptabilise à peine 1 milliard de chiffre d'affaires. Les chiffres exacts ne sont pas encore connus, mais il y a probablement un cash-flow légèrement positif. Contrairement à beaucoup d'autres start-ups de la Silicon Valley, il y a donc de l'argent qui rentre, parce que Dropbox applique un modèle payant pour certains services. Mais avec ce cash-flow, la société doit toutefois encore payer les lourds investissements dans la capacité de stockage. La société fait en outre face à la concurrence de très grands acteurs comme Amazon et Microsoft, qui se positionnent égale...

Wim Lewi: "En fait pas. La société comptabilise à peine 1 milliard de chiffre d'affaires. Les chiffres exacts ne sont pas encore connus, mais il y a probablement un cash-flow légèrement positif. Contrairement à beaucoup d'autres start-ups de la Silicon Valley, il y a donc de l'argent qui rentre, parce que Dropbox applique un modèle payant pour certains services. Mais avec ce cash-flow, la société doit toutefois encore payer les lourds investissements dans la capacité de stockage. La société fait en outre face à la concurrence de très grands acteurs comme Amazon et Microsoft, qui se positionnent également sur les services de cloud, mais ont des poches bien plus profondes. Ce serait assez impressionnant si Dropbox pouvait tenir le coup entre ces géants technologiques."Les licornes, ces start-ups valorisées à plus de 1 milliard de dollars, sont longtemps restées à l'écart des bourses. Relativement rapidement après Snap, Dropbox planifie maintenant aussi de faire ses débuts en bourse. D'où vient cet intérêt soudain pour une entrée en bourse ?Wim Lewi: "Pas mal de start-up se sont vues attribuer un prix inférieur, lors de leur dernière levée de fonds. Les licornes et leurs banquiers prennent conscience que les perspectives de progression ne sont pas illimitées comme dans les années 2000, et elles ont dû mettre de l'eau dans leur vin. Il est bien sûr beaucoup plus intéressant d'encore vite entrer en bourse maintenant que de dépérir lentement. Non que Dropbox soit tellement prêt pour entrer en bourse, mais la bourse, elle, est prête pour Dropbox."Beaucoup d'analystes soulèvent que les valorisations dans la Silicon Valley ont atteint des niveaux trop élevés. Tout est-il cher ou uniquement les grands noms, Apple, Facebook, Google, Amazon et Microsoft ?Wim Lewi: "Les valorisations ne sont pas extrêmement élevées. Outre ces grands noms, beaucoup d'autres actions ont été sous pression. Tesla par exemple a pris un sacré coup et le cours de Snap est sous son prix d'introduction. Le marché attribue néanmoins encore des valorisations très élevées à ces géants technologiques. J'observe deux risques. Tout d'abord, je me demande s'ils pourront continuer à réaliser les prévisions de croissance abrupte. Deuxièmement, je prévois que les autorités de concurrence commenceront à intervenir plus sévèrement. Quand y aura-t-il une correction ? Cela pourrait être demain comme dans deux ans."Uber et AirBnB, les licornes les plus connues et les mieux valorisées, feront-elles aussi rapidement leur entrée à Wall Street ? Et le prix important qu'on leur a attribué lors de leurs levées de fonds privées, pourront-elles également les concrétiser en bourse ?"AirBnB et Uber sont des histoires quelque peu à part. Ils sont beaucoup plus grands et ils sont chacun leader du marché dans leur niche. Cela signifie qu'ils ne menacent pas les grands acteurs, et qu'ils sont mieux armés pour résister à la concurrence. Ils peuvent se permettre d'attendre encore quelque peu au cas où leurs valorisations élevées progressent encore."