La dernière modification des conditions d'utilisation de la messagerie WhatsApp ouvre une fameuse porte au géant Facebook. Grâce à celle-ci, certaines données personnelles confiées à WhatsApp - une plateforme très populaire comptant plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde et permettant de s'échanger des messages, des photos ou des vidéos - sont automatiquement captées par le réseau social. L'utilisateur peut facilement refuser ce transfert d'informations, mais Facebook sait que la plupart des propriétaires de smartphones acceptent sans broncher les (fréquentes) mises à jour de ...

La dernière modification des conditions d'utilisation de la messagerie WhatsApp ouvre une fameuse porte au géant Facebook. Grâce à celle-ci, certaines données personnelles confiées à WhatsApp - une plateforme très populaire comptant plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde et permettant de s'échanger des messages, des photos ou des vidéos - sont automatiquement captées par le réseau social. L'utilisateur peut facilement refuser ce transfert d'informations, mais Facebook sait que la plupart des propriétaires de smartphones acceptent sans broncher les (fréquentes) mises à jour de leurs applications. Différentes données font partie de l'échange. Mais la plus grosse prise est sans conteste votre numéro de téléphone mobile. Les adeptes de Facebook auront d'ailleurs remarqué que le réseau social demande régulièrement de lui communiquer ce numéro, pour des " raisons de sécurité " assez obscures. Grâce aux informations cédées par WhatsApp, Facebook pourra notamment faire de nouvelles suggestions d'amis. Cela laisse à penser que le réseau social bénéficiera d'un accès à l'ensemble de votre répertoire téléphonique, qui est une source de contacts et d'interactions très intéressante pour Facebook. La firme indique aussi qu'elle pourra faire de nouvelles " suggestions de connexions ou de contenus intéressants, et afficher des offres et des publicités pertinentes ". Deux ans après avoir racheté WhatsApp pour 22 milliards de dollars, Facebook impose en fait à sa filiale de modifier fondamentalement son business model. Jusqu'à présent, les parois étaient parfaitement étanches entre les deux services. C'était même une promesse des dirigeants de WhatsApp, qui ne manquaient pas de vilipender l'usage des données à des fins publicitaires lorsque leur société était encore indépendante. Mais Facebook a visiblement décidé de siffler la fin de la récréation et d'enfin rentabiliser son (lourd) investissement. Début 2016, WhatsApp avait déjà renoncé à faire payer ses utilisateurs (moins d'un euro après un an d'utilisation). A présent, son business model se calque sur celui de Facebook, un des champions mondiaux de la récolte de données personnelles dans un but publicitaire. Cela fait naître certaines craintes du côté des utilisateurs de la messagerie WhatsApp... qui cherche à les rassurer. Dans ses nouvelles conditions d'utilisation, WhatsApp rappelle que le contenu des messages est sécurisé et n'est pas partagé avec Facebook. Autre précision : les bannières publicitaires sont exclues. Par contre, WhatsApp permettra à des entreprises de communiquer avec ses utilisateurs. Une compagnie d'aviation pourra ainsi vous envoyer des informations sur votre vol via la messagerie en ligne, ce qui ne semble pas trop intrusif. Mais le reste du texte est plus ambigu. WhatsApp parle en effet de messages à caractère " marketing " contenant " des offres qui pourraient vous intéresser ". Si ce n'est pas de la publicité, ça y ressemble fortement.