Les différences entre secteurs public et privé sont pourtant flagrantes. Il est par exemple clair que les entrepreneurs ont l'habitude de décider rapidement, quelle que soit leur casquette. Au sein des administrations, à l'inverse, les procédures sont extrêmement lentes. Elus, les entrepreneurs doivent donc apprendre à s'adapter, à accepter les lourdeurs, et le temps nécessaire pour clore les procédu-res. Quant aux budgets, il est évidemment toujours possible de les prévoir, mais ils ne sont pas toujours respectés.

Faire preuve de patience

Autre différence encore?: les entreprises mettent l'accent sur les objectifs bénéficiaires, alors que le politique privilégie la bonne gestion. Une gestion qui ne se mesure pas toujours en euros, ce qui peut compliquer les choses. D'autant que les rapports rédigés par les administrations ont peu à voir avec ceux des entreprises - les rapports chiffrés et les rapports de suivi sont, dans le secteur public, peu habituels. Les chefs d'entreprise aiment quant à eux pouvoir suivre de près l'évolution des résultats.

C'est leur ouverture d'esprit qui distingue tout particulièrement les chefs d'entreprise. Leur expérience acquise les aide à appréhender l'analyse des charges et profits en toute transparence.

La manière de débattre et l'accent sur lequel est mise la réflexion diffèrent également. Les discussions, au sein du monde politique, peuvent s'arrêter davantage sur les détails que sur le tout - un débat sur une dépense mineure peut exiger davantage de temps que l'approbation d'un projet d'envergure. En d'autres termes, les entrepreneurs engagés en politique doivent apprendre à faire preuve de patience. Mais l'expérience acquise au sein de leur entreprise familiale est, là aussi, synonyme de valeur ajoutée.

Rare acuité

Les entrepreneurs ont généralement une excellente perception des chiffres, que leur vision d'hélicoptère leur permet de surcroît d'interpréter avec une rare acuité. Ils ne laissent pas les chiffres après la virgule diluer le débat. Mais c'est leur ouverture d'esprit qui les distingue tout particulièrement?: l'expérience acquise au sein de leur entreprise familiale les aide à appréhender l'analyse des charges et profits en toute transparence. Ils sont également aptes à apprécier l'opportunité des décisions prises en termes de responsabilité sociétale. Enfin, ils jonglent avec les décisions fondamentales - quels services proposer, à quel prix?? Ne serait-il pas préférable de sous- traiter?? Etc.

Dans un autre registre, les administrations risquent d'être victimes de la fracture numérique, alors que nombre d'entrepreneurs sont d'ores et déjà experts en la matière. Gage de valeur ajoutée dans l'exécution des projets numériques, leur expérience peut également être utile au débat sur l'incidence de l'informatisation sur les administrations. Le numérique peut-il aider le secteur public à faire preuve d'une plus grande efficacité, comme c'est le cas pour le privé?? Grâce à leurs acquis, les chefs d'entreprise plongés en politique contribuent à apporter une réponse pertinente à cette question d'importance majeure.

Bert Gijsels - Partner Public Sector chez BDO Belgium

bert.gijsels@bdo.be

Les différences entre secteurs public et privé sont pourtant flagrantes. Il est par exemple clair que les entrepreneurs ont l'habitude de décider rapidement, quelle que soit leur casquette. Au sein des administrations, à l'inverse, les procédures sont extrêmement lentes. Elus, les entrepreneurs doivent donc apprendre à s'adapter, à accepter les lourdeurs, et le temps nécessaire pour clore les procédu-res. Quant aux budgets, il est évidemment toujours possible de les prévoir, mais ils ne sont pas toujours respectés.Faire preuve de patienceAutre différence encore?: les entreprises mettent l'accent sur les objectifs bénéficiaires, alors que le politique privilégie la bonne gestion. Une gestion qui ne se mesure pas toujours en euros, ce qui peut compliquer les choses. D'autant que les rapports rédigés par les administrations ont peu à voir avec ceux des entreprises - les rapports chiffrés et les rapports de suivi sont, dans le secteur public, peu habituels. Les chefs d'entreprise aiment quant à eux pouvoir suivre de près l'évolution des résultats.La manière de débattre et l'accent sur lequel est mise la réflexion diffèrent également. Les discussions, au sein du monde politique, peuvent s'arrêter davantage sur les détails que sur le tout - un débat sur une dépense mineure peut exiger davantage de temps que l'approbation d'un projet d'envergure. En d'autres termes, les entrepreneurs engagés en politique doivent apprendre à faire preuve de patience. Mais l'expérience acquise au sein de leur entreprise familiale est, là aussi, synonyme de valeur ajoutée.Rare acuitéLes entrepreneurs ont généralement une excellente perception des chiffres, que leur vision d'hélicoptère leur permet de surcroît d'interpréter avec une rare acuité. Ils ne laissent pas les chiffres après la virgule diluer le débat. Mais c'est leur ouverture d'esprit qui les distingue tout particulièrement?: l'expérience acquise au sein de leur entreprise familiale les aide à appréhender l'analyse des charges et profits en toute transparence. Ils sont également aptes à apprécier l'opportunité des décisions prises en termes de responsabilité sociétale. Enfin, ils jonglent avec les décisions fondamentales - quels services proposer, à quel prix?? Ne serait-il pas préférable de sous- traiter?? Etc.Dans un autre registre, les administrations risquent d'être victimes de la fracture numérique, alors que nombre d'entrepreneurs sont d'ores et déjà experts en la matière. Gage de valeur ajoutée dans l'exécution des projets numériques, leur expérience peut également être utile au débat sur l'incidence de l'informatisation sur les administrations. Le numérique peut-il aider le secteur public à faire preuve d'une plus grande efficacité, comme c'est le cas pour le privé?? Grâce à leurs acquis, les chefs d'entreprise plongés en politique contribuent à apporter une réponse pertinente à cette question d'importance majeure.