La compagnie islandaise Wow Air s'est fait connaître des Belges pour ses promesses alléchantes de traverser l'océan "pour seulement 150 euros". Elle proposait ainsi de relier Bruxelles à New York, avec certes une petite escale à Reykjavik, la capitale de l'Islande, mais pour un prix dérisoire. Les médias lui assurant dans la foulée une belle visibilité.
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La compagnie islandaise Wow Air s'est fait connaître des Belges pour ses promesses alléchantes de traverser l'océan "pour seulement 150 euros". Elle proposait ainsi de relier Bruxelles à New York, avec certes une petite escale à Reykjavik, la capitale de l'Islande, mais pour un prix dérisoire. Les médias lui assurant dans la foulée une belle visibilité. Cependant, rapidement, les voyageurs appâtés par ces belles offres ont déchanté car il était quasiment impossible d'obtenir des billets à des prix aussi bas. Car pour les experts du secteur, relier la Grosse Pomme à ce prix n'est pas réalisable, et cela est valable pour toutes les compagnies aériennes, qu'elles soient classiques ou sur le modèle du low cost. Dans le quotidien flamand De Standaard, Eddy Van de Voorde, professeur d'économie de l'aviation à l'Université d'Anvers, explique que "le modèle économique de l'aviation ne peut pas être simplement transféré à un produit transatlantique". Sur ces liaisons, la concurrence est en effet rude de la part d'acteurs majeurs tels que Lufthansa, British Airways, Air France ou encore, American Airlines.En raison de l'escale à Reykjavik, ce genre d'offre de Wow Air ne peut pas non plus égaler des vols directs des grandes compagnies. Et certainement pas pour les hommes et femmes d'affaires qui ne peuvent pas se permettre de perdre du temps en trajet. Afin de maintenir la rentabilité d'une ligne à des tarifs aussi bas, Van de Voorde estime qu'il est nécessaire d'atteindre un taux d'occupation de plus de 90 %. Ce que Wow Air n'a pas réussi à faire.Un douloureux programme de restructuration s'en est suivi, avec des licenciements à la clé et la vente d'avions. Les négociations avec Indigo Partners, un fonds spécialisé dans la reprise de compagnies en difficulté qui détient notamment le transporteur à faible coût Wizz Air, ont échoué tout comme une éventuelle prise de contrôle par son compatriote IcelandAir. Le transporteur islandais est maintenant en discussion avec ses créanciers pour établir un plan de restructuration. Selon le journal islandais "Frettabladid", WOW Air aurait besoin de 4,3 milliards de couronnes islandaises (42 millions de dollars) pour arriver à couvrir sa dette abyssale.Le destin de Wow Air n'est pas unique en son genre. Norwegian, qui a également vanté des vols transatlantiques à très bas prix, est également en difficulté financière. Le scénario est le même : des ambitions trop grandes, et trop sous-capitalisées.A terme, ce sont les grands acteurs traditionnels comme Lufthansa (avec des filiales comme Brussels Airlines) qui s'en sortiront le mieux. Les quelque grands acteurs à bas prix comme Ryanair ne se brûleront pas les doigts dans une aventure transatlantique, pense Van de Voorde, cité par le quotidien flamand. Dans ce contexte, il n'est pas surprenant qu'au cours des dernières années, de nombreuses petites compagnies aériennes, avec une flotte de quelques avions seulement, aient fait faillite. On pense au britannique Flybmi, au chypriote Cobalt Air ou encore, au suisse SkyWork: tous ont échoué dans leurs ambitions.