Etudiant en gestion d'entreprise à l'Ichec, Tom Mahaut a le business dans la peau et la blanchisserie dans le sang. " J'ai toujours aimé l'entrepreneuriat, lance-t-il du haut de ses 22 ans. Ado, j'ai monté une affaire de rénovation de vélos avec un ami ; à 18 ans, j'ai créé l'ASBL Lab Brussels, qui organise des soirées techno. " Mais la blanchisserie tient une place à part : " Je suis issu d'une famille de blanchisseurs, sur trois générations. Mon père tient celle de la Petite Suisse à Ixelles. Je connais bien le secteur ". Logique donc de voir sa start-up naître dans de beaux draps, mais ce sont des voyages qui lui ont donné le réel déclic. " L'idée est venue il y a deux ans lors de séjours à Londres et à Paris, où le système de blanchisserie sur le lieu de travail est bien développé ; tout comme aux Etats-Unis et en Asie. Chez nous, c'est minime. Certains acteurs étrangers ont déjà essayé de venir en Belgique, mais ils demandent un fee énorme et ne sont pas proches des blanchisseurs. J'ai vu un marché à prendre. "

A prendre... et à digitaliser ! " La technologie et le on-demand service, c'est l'avenir. Les nouvelles générations, et les anciennes, sont de plus en plus amenées à utiliser leur smartphone pour différents services. C'est comme cela qu'a germé l'idée de Wosh, une plateforme compatible pour ordinateur et smartphone, qui propose un service de blanchisserie et de nettoyage à sec sur le lieu de travail. Durant un an, j'y ai consacré tous mes week-ends. Et il y a 10 mois, j'ai contacté la Fédération belge de l'entretien et du textile (FBT), qui s'est montrée très intéressée. " La digitalisation du secteur étant à même d'y attirer à nouveau plus de jeunes.

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Tout s'est alors accéléré. Avec des fonds propres, et conseillé par Start.LAB (incubateur lié à l'ULB), Tom Mahaut fait développer le projet par une société digitale (DJi Agency). Wosh voit officiellement le jour mi-octobre 2019 et compte déjà trois entreprises clientes. " La plateforme fonctionne en B to B. Je développe des partenariats avec des lieux professionnels, où les occupants peuvent accéder à nos services. Ils créent un compte et effectuent leur commande en trois à quatre clics. Il n'y a pas de frais de transaction, pas de seuil de commande minimum... Le service de blanchisserie passe chercher les vêtements sales - pour l'instant, principalement des tenues professionnelles : costumes, chemises, manteaux, mais les gens peuvent nous donner tout leur linge s'ils le souhaitent - et les ramène lavés et repassés. Le client peut suivre l'évolution de sa commande en ligne. Pour l'instant, je travaille uniquement avec la blanchisserie familiale, mais trois autres, à Bruxelles et à Waterloo, ont marqué leur intérêt. L'idée est de créer un vaste réseau de partenaires dans le pays. "

Partenaire et non prestataire

" Partenaire ", Tom insiste sur le terme : " Je me présente comme un partenaire auprès des blanchisseries et non comme un service supplémentaire. Je leur amène une clientèle et je négocie avec elles une réduction sur le prix, et c'est avec cette réduction que je me paie ". Avec des commandes en suffisance pour vivre ? " Pas pour l'instant, mais j'espère être rentable fin 2020. Mon but est de croître, d'engager du personnel, mais aussi d'aller vers du B to C avec des livraisons à domicile. De tendre aussi vers un service le plus écologique possible avec, entre autres, des housses réutilisables, des livraisons en scooter électrique, vélo-cargo, etc. La plateforme étant opérationnelle, je peux désormais consacrer plus du temps à la recherche de financements. "

Par Sigrid Descamps

35 euros

Le coût moyen d'une commande pour un service de nettoyage à sec sur son lieu de travail.