S'imposer sur un marché inexistant n'a rien de simple. La start-up Menu Next Door qui proposait aux internautes de préparer des petits plats et de les vendre à leurs voisins vient d'en faire les frais. Cette jeune pousse vient d'annoncer qu'elle fermait boutique moins de trois ans après sa création.
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S'imposer sur un marché inexistant n'a rien de simple. La start-up Menu Next Door qui proposait aux internautes de préparer des petits plats et de les vendre à leurs voisins vient d'en faire les frais. Cette jeune pousse vient d'annoncer qu'elle fermait boutique moins de trois ans après sa création. Cet arrêt n'est toutefois qu'une demi-surprise. La nouvelle était inattendue à ce stade-ci parce qu'au deuxième trimestre de 2016, Menu Next Door avait levé consécutivement 1,75 million et 2,5 millions d'euros à quelques semaines d'intervalle, auprès de grands noms de l'investissement (Index Venture, Kima Venture de Xavier Niel, etc.) et des personnalités de l'univers start-up (à titre privé, les fondateurs de BlaBlaCar et de... Deliveroo ! ). Cet argent aurait pu permettre à Menu Next Door de prendre le temps de trouver la bonne équation business et d'assurer son marketing. Toutefois, dès le début de l'année 2017, la start-up avait pris une direction étonnante : fermer ses activités à Londres et Paris où la jeune pousse s'était installée quelques mois plus tôt. Au lieu de jouer la croissance à grande vitesse, Menu Next Door s'était repliée sur son marché d'origine pour affiner son business model et renforcer sa place de marché. Une décision qui témoignait déjà de certaines difficultés à trouver son public mais qui était présentée comme une " itération " pour affiner la mécanique avant de se redéployer ultérieurement. Mais cela n'aura pas lieu. Même si, selon Nicolas Van Rymenant, la start-up dispose encore d'assez de cash pour tenir quelques mois, " la décision a été prise de fermer proprement la société parce qu'on s'est rendu compte que malgré toutes nos tentatives, nous n'allions jamais réussir à trouver le bon business model. Nous pensons avoir fait le tour de la question ". Menu Next Door a été confrontée à la difficulté de créer de la récurrence. Il faut dire qu'avant son lancement, aucun voisin ne cuisinait pour son quartier et aucun particulier n'allait acheter des plats chez un voisin. Aussi, tant du côté des clients que des cuisiniers, la récurrence se révélait compliquée. " Nonante pour cent des chefs ne présentaient leurs menus que de manière sporadique, précise Nicolas Van Rymenant. L'offre n'était donc pas stable. Quant aux clients, ils étaient souvent confrontés aux difficultés pratiques : se déplacer, se garer, etc. " Pourtant, la start-up aurait généré plus d'1,5 million d'euros de volume d'affaires pour ses chefs à Bruxelles, Paris et Londres depuis sa création. Mais elle n'a commencé à prendre une commission (15%) qu'à la rentrée de l'année dernière. Mais " au-delà de cela, réagit Nicolas Van Rymenant, il n'y avait pas assez de croissance pour se dire que le business serait viable ". Au fil des presque trois années d'existence, Menu Next Door aura attiré 50.000 clients et 3.000 chefs ayant cuisiné au moins une fois.