Notre pays est-il en train de vivre un moment historique dans la diversification de son économie ? En province de Limbourg, l'entreprise Rendocan veut ouvrir un centre de recherches inédit et cultiver " le premier champ de cannabis légal en Belgique " sur une quinzaine d'hectares. Spécialisée dans l'étude du chanvre à des fins médicinales, cette entreprise pharmaceutique a en effet introduit un permis d'exploitation à Kinrooi, non loin de la frontière néerlandaise, et espère produire à terme cinq tonnes de cannabis par an.
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Notre pays est-il en train de vivre un moment historique dans la diversification de son économie ? En province de Limbourg, l'entreprise Rendocan veut ouvrir un centre de recherches inédit et cultiver " le premier champ de cannabis légal en Belgique " sur une quinzaine d'hectares. Spécialisée dans l'étude du chanvre à des fins médicinales, cette entreprise pharmaceutique a en effet introduit un permis d'exploitation à Kinrooi, non loin de la frontière néerlandaise, et espère produire à terme cinq tonnes de cannabis par an. Le projet fait toutefois face à un sérieux obstacle. Si les vertus thérapeutiques du cannabis - consommé de façon modérée - ont déjà été actées par l'Organisation mondiale de la santé, la culture de cette plante en Belgique reste toujours, aujourd'hui, une activité illégale. Comme le rappelle le SPF Justice, " détenir ou cultiver du cannabis est une infraction punissable d'une amende ou d'une peine d'emprisonnement ", même si sa consommation fait l'objet, au quotidien, d'une " faible priorité de la politique des poursuites " ( sic). Traduction : la tolérance est de mise pour les détenteurs de cette drogue douce s'ils sont majeurs et s'ils se limitent à un usage personnel. Un brin permissive, la loi belge sur cette drogue douce pourrait encore évoluer dans les prochaines semaines. En Europe, la vente de cannabis en pharmacie est en effet légale dans 16 pays et, aux Etats-Unis, la légalisation de la marijuana dans certains Etats a jeté les bases d'un nouveau business qui dope non seulement l'économie locale en termes d'emplois, mais élimine aussi certaines pratiques mafieuses tout en garantissant de précieuses recettes fiscales aux autorités concernées. Interpellée par les effets bénéfiques de cette plante qui permet de calmer le stress et d'atténuer les douleurs causées par des maladies comme la sclérose en plaques et même certains cancers, la population belge est aujourd'hui plus réceptive à cette évolution des moeurs et aux éventuels débouchés économiques qu'une telle légalisation pourrait offrir dans un avenir relativement proche. Le débat sur la vente contrôlée de cannabis à des fins exclusivement thérapeutiques est donc lancé et, au cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block, on précise que " le traitement du dossier est en cours pour faire évoluer le cadre juridique ". Si une majorité se dégage pour modifier la loi, la société Rendocan pourrait être donc la première entreprise à se lancer de manière légale dans cette activité inédite en Belgique, avant d'être probablement imitée par d'autres. Optimistes, certains experts voient même dans ce nouveau business l'émergence d'une opportunité lucrative pour des agriculteurs en mal de diversification et de rentabilité.