Cela ressemble à un joli coup de marketing, mais limiter cette initiative à cette seule option commerciale serait un petit peu réducteur. A Walem, dans les environs de Malines, l'entreprise flamande New Fusion va en effet expérimenter la puce sous-cutanée comme badge de société. Concrètement, les employés qui porteront ce microprocesseur sous la peau n'auront plus besoin de clé ni d'autre sésame pour franchir les portes de leur lieu de travail. Enfouie dans la chair de leur main, entre le pouce et l'index, cette mini-puce de la taille d'un grain de riz leur servira non seulement de badge discret, mais elle renfermera a...

Cela ressemble à un joli coup de marketing, mais limiter cette initiative à cette seule option commerciale serait un petit peu réducteur. A Walem, dans les environs de Malines, l'entreprise flamande New Fusion va en effet expérimenter la puce sous-cutanée comme badge de société. Concrètement, les employés qui porteront ce microprocesseur sous la peau n'auront plus besoin de clé ni d'autre sésame pour franchir les portes de leur lieu de travail. Enfouie dans la chair de leur main, entre le pouce et l'index, cette mini-puce de la taille d'un grain de riz leur servira non seulement de badge discret, mais elle renfermera aussi une carte de visite électronique qui pourra facilement être échangée, le cas échéant, via les smartphones. Spécialisée dans les nouvelles technologies, la société New Fusion est active dans le marketing digital (d'où la suspicion légitime d'un éventuel coup de pub) et signe une première sur le territoire belge. Certes, le procédé technologique n'est pas neuf et les puces RFID (pour Radio Frequency Identification) garnissent les encolures de nos chiens et chats depuis de longues années déjà, mais son extension à l'épiderme de l'homme est, pour l'instant, relativement restreinte. L'une ou l'autre boîte de nuit branchée de Barcelone et Paris ont bien tenté l'aventure de la puce sous-cutanée pour des soirées VIP, mais le monde du travail est encore épargné. Quoique... Il y a presque deux ans, à Stockholm, un centre d'affaires baptisé Epicenter a également implanté ce genre de microprocesseur dans la main de quelques employés pour les mêmes raisons pratiques : plus besoin de badge, la puce d'identification ouvre les portiques de sécurité et active entre autres la photocopieuse dès que la main effleure la machine. Une hérésie pour les ardents défenseurs de la protection de la vie privée ? Cela va de soi. Mais les patrons des entreprises suédoise et malinoise qui défendent ce nouveau système de sécurité précisent toutefois un point fondamental : seuls les employés qui sont réellement volontaires ont accepté ce petit mouchard sous la peau et il n'est donc pas question ici de se la jouer " Big Brother ". Difficile de les croire sur parole d'autant plus que la tentation est grande, pour un chef d'entreprise, de vouloir contrôler la présence de ses ouailles ainsi " fliquées "... Mais tout cela est-il finalement légal ? " Dans la mesure où ces employés sont consentants, il n'y a aucun problème, constate Thierry Viérin, associé au cabinet d'avocats Osborne Clarke et spécialiste en droit du travail. Cela dit, la Commission de la vie privée pourrait être saisie et rendre un avis négatif en insistant, par exemple, sur le rapport de force qui existe entre un patron et son employé, mais cela prendra du temps. Personnellement, je ne trouve pas l'idée de ces puces sous-cutanées farfelue et je pense d'ailleurs que l'initiative va se répandre dans les prochaines années. " Il reste cependant qu'il faudra impérativement l'accord des syndicats pour les entreprises qui comptent au moins 50 employés et qui seraient tentées par l'aventure épidermique. Et ça, c'est loin d'être gagné...